La Gazette

des Comores

Encore une fois, Souef dit non à l’intégration de Mayotte au sein de la COI

Encore une fois, Souef dit non à l’intégration de Mayotte au sein de la COI © : HZK-LGDC

Le verdict est pourtant tombé depuis le mois d’aout de l’année dernière à l’issue d’une rencontre des ministres des affaires étrangères de la Commission de l’océan indien. Mais comme si cela ne suffisait pas, le chef de la diplomatie comorienne le répète à tout bout de champs : « Mayotte ne peut pas intégrer la COI ».


C’est devenu un rituel. A chaque mois le ministre des affaires étrangères organise une rencontre avec la presse pour discuter de l’actualité nationale et internationale. Le mois de mars vient de montrer le bout de son nez, et le ministre n’a pas dérogé à la règle. Lundi 2 mars, il a ordinairement convié les médias dans la salle de conférence de son ministère. Les sujets ne manquent pas. Disons plutôt jamais, pour être honnête, bien que, et c’est de l’avis de tous les journalistes, M. Souef a cette manie d’esquiver les questions brulantes. Mais nous y reviendrons.

Ce lundi, le ministre a étalé plusieurs sujets sur la table. Commençons par la conférence des partenaires à Paris, la fameuse CPAD organisée au mois de décembre dernier dans la capitale française. Ça n’est pas le premier rendez-vous du genre dans l’histoire des Comores. Mais le régime en place veut bien répéter, et tout haut, que la différence entre la messe de Paris et les précédentes (Doha, Maurice) n’est autre que le mécanisme de suivi. En effet, le mois dernier le gouvernement Azali a mis sur pied un haut comité de suivi des engagements pris par les partenaires. 

Preuve que ces engagements seront suivis des faits, le chef de la diplomatie dégaine, avec toute l’énergie qui est sienne en matière de communication, la signature de ces 27 accords avec le royaume du Maroc visant l’essor des secteurs bancaire, santé, agricole, transport, environnemental et énergétique. « Le développement de ces secteurs fait partie des promesses que les autorités marocaines nous ont faits à Paris », rappelle le ministre au cours de cette rencontre.

Ensuite, la presse. « 2020 c’est l’année de la presse », revient-il à la charge. La première fois qu’il avait pris cet engagement, mal lui en a pris puisqu’en moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire la directrice de l’information et la rédactrice en chef de la chaine publique ORTC furent suspendues de leurs fonctions. Les bras lui en sont tombés quand il a appris la mauvaise nouvelle. Ce lundi en revanche, bien lui en a pris puisque les deux journalistes sont réintégrées dans leurs fonctions respectives. La nouvelle ne s’était pas encore rependue quand le ministre évoquait la question de la presse dans sa conférence.

Enfin (il y a eu tant d’autres sujets comme le coronavirus), la question de Mayotte qui veut réintégrer la Commission de l’océan indien. Une question déjà traitée par les ministres des affaires étrangères de la COI, réunis début aout 2019 à Moroni. Mais Souef ne s’en lasse pas. « Mayotte ne peut intégrer la COI car elle est déjà dans la commission faisant partie de notre archipel », devait-il persister avent de souligner que « notre situation vis-à-vis de Mayotte ne peut pas être similaire à celle de la grande Chine et Formose », ancienne appellation de Taiwan.

Kamal Gamal 


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