Zile Soilihi s’est adressé à la presse ce mercredi. S’il a à peine évoqué le rejet de sa candidature dans le cadre de la présidentielle par la cour suprême, il a par contre centralisé son discours sur la bonne gouvernance, le capital humain, la méritocratie et la compétence. Seule politique qui peut mener à l’émergence.
Zile Soilihi, candidat presque malheureux (sa candidature n’a pas été retenue par la Cour suprême) a tenu une conférence de presse ce mercredi 30 janvier. Ingénieur reconnu, méconnu, il l’est de l’opinion publique. C’est ainsi que face à la presse, il a retracé son parcours. Du lycée Said Mohamed Cheick de Moroni dans lequel, « il a obtenu le premier bac C (scientifique) du pays », à ses premiers pas à l’étranger notamment en France, en classe préparatoire », l’homme a un peu remonté le temps.
Thomson, grande multinationale dans laquelle il a officié en tant que cadre dirigeant (vice-président notamment d’une des filiales du groupe). Ce docteur en mathématique, lors de cette rencontre avec les journalistes, a annoncé qu’il briguait la magistrature suprême « pour mettre en place un nouveau genre de gouvernance avec en son centre, la méritocratie, le débat d’idées, les compétences et surtout la matière grise comorienne à l’honneur, en un mot comme en mille, valoriser le capital humain ».
Vivant à l’étranger, Zile Soilihi n’a jamais coupé, selon lui, les ponts avec son premier pays. S’agissant de l’Université des Comores, « qui a été créée dans l’urgence mais pas dans une logique productive », il a mis en place « une stratégie à l’époque du président de l’Udc, Rachadi Abdallah, une stratégie de développement ». Tout comme il a fait plus récemment avec d’autres experts comoriens (et un étranger) la même chose pour l’énergie (2018). Il en est de même pour la mise en place des communes, ou pour la gestion des déchets à Foumbouni ou encore à Domoni.
Zile Soilihi est « considéré » par certains initiés comme celui qui aurait soufflé le concept d’émergence à l’actuel président. Il en a surtout fait une conférence à l’Ifere en 2017 et en a livrée la définition. « A la fin de celle-ci, j’ai quand même dit au président de la république, que tout ce que j’ai développé au cours de cet échange est à jeter à la poubelle tant que la bonne gouvernance sera aux abonnés absents », a-t-il relaté. Pragmatique, il dit que atteindre l’émergence en 2030, « n’est pas impossible mais ce sera difficile ».
Le conférencier a mis encore le capital humain au centre de son discours, « ceux qui conduisent la Voiture Comores ne sont pas forcément les plus méritants ». De là à affirmer que l’émergence n’était qu’une chanson, il n’y a qu’un un pas. « Les routes, l’électricité (d’ailleurs, les délestages ont signé leur grand retour) et les projets en cours ne nous mèneront pas à l’émergence ». Il en a profité pour dire qu’il n’était « ni l’ami du président, ni son ennemi, j’ai été contacté par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, Youssoufa Ali Mohamed ».
Le docteur en mathématiques a par ailleurs fait part de la discrimination des autorités à l’endroit de la diaspora dont il est issu. « Le rejet de sa candidature, portée par d’autres personnes de la même diaspora en est la preuve ». La diaspora n’est ni électrice ni éligible, il n’y a qu’à lire la constitution pour s’en rendre compte. Il s’est gardé par ailleurs d’apporter son soutien à un autre candidat « fut-il de la diaspora », préférant « soutenir une réflexion ».
Zile Soilihi espérait pouvoir rendre aux Comoriens leur dignité. Réveiller « leur matière grise qui n’attend que de l’être, élaborer une stratégie pondue avec d’autres comoriens». Et « raser ces affreux baraquements en tôle dans les lesquels des brochettes sont vendues aux abords de l’aéroport International Said Ibrahim, car première image du pays que le touriste aperçoit, et la dernière qu’il a en tête à son départ ».
Fsy
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