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des Comores

Elections anticipées / Mohamed Ibrahim, du monde associatif à la magistrature de l’île de Ngazidja

Elections anticipées / Mohamed Ibrahim, du monde associatif à la magistrature de l’île de Ngazidja © : HZK-LGDC

Mohamed Ibrahim est candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja. Après avoir longtemps servi son pays dans différents domaines, il a décidé de briguer la magistrature suprême de Ngazidja pour rehausser l’île et sauver la jeunesse.


Titulaire d’une maitrise en Finance publique, un master en science politique et un Master 2 en politique de développement, Mohamed Cheikh Ibrahim a décidé de rentrer aux Comores à partir de 2008. Sur place, il a commencé à travailler dans l’administration, dans des projets mais aussi au sein du monde associatif. Membre fondateur du CEDAC, une association communautaire, Mohamed Cheikh Ibrahim a déjà un aperçu de la vie du comorien et une expérience en matière de gestion de projet. Il a décidé de se porter candidat aux élections des gouverneurs pour l’île de Ngazidja en vue de rehausser l’île mais aussi sauver une jeunesse presque oubliée.

« Depuis que je suis rentré aux Comores, j’ai consacré ma vie aux projets communautaires. J’ai pu mobiliser des fonds au profit des communautés, notamment la construction d’une école de trois salles de classe financée par l’ambassade du Japon, ainsi que d’autres projets comme la construction d’une maternité. Nous avons aussi construit une deuxième école à Kouwa  Mitsamiouli, et deux grosses citernes communautaires à Bangoi Hambou. Suite à toutes ces expériences, je me suis dit qu’il est temps de se présenter candidat pour rehausser l’ile de Ngazidja », déclare-t-il.

Une vie dans les communes bien garnie

Au niveau des ONG, le candidat a vécu pas mal de choses. Selon lui, les communautés elles-mêmes sont motivées pour leur développement. « J’ai vu des communes avec des projets même s’ils ne sont  pas structurés. Mais cela montre la volonté pour leur bien être », dit-il, avant de préciser que « dans tous les projets qu’on a pu réaliser, il y a eu toujours des contributions des communautaires même modestes. Mais l’ambition est là ». Au cours de son expérience dans les communes, le candidat montre la nécessité d’une harmonisation, car selon lui « quand la communauté décide de faire quelque chose, parfois il n’y a pas de logique de développement mais chacune veut construire telle infrastructure sans connaitre les procédures. En fait, il y a aussi l’absence des pouvoirs publics au niveau communautaire ». Et d’ajouter : « Je vais prendre mon cas avec mon ONG CEDAC. Parfois c’est lors d’une inauguration officielle d’un projet qu’on voit la présence du gouvernement. A part ça, on n’a jamais eu une visite du gouvernement ou une autorité pour nous demander comment on travaille ou nous donner une subvention. Donc, je pense que si l’Etat ou bien le gouvernorat travaille bien entendue avec  les communautés, en les guidant, en les orientant et en les appuyant, on éviter les redondances afin de mettre la cohérence dans leur développement ».

Un centre d’information et des Insertions des Jeunes

Une fois à la tête de l’île de Ngazidja, le candidat va s’attaquer à la cohésion sociale. Pour lui, on ne peut pas faire du développement s’il n’y a pas une cohésion sociale. « Aujourd’hui, s’il ya des conflits entre les communautés, les localités, cela peut bloquer les développements communautaire. D’ailleurs beaucoup de projets sont bloqués à cause des conflits communautaires. Pour cela, si on arrive à mettre l’accent sur la cohésion sociale en structurant ces domaines pour que on puisse éradiquer les conflits communautaires, ça sera un grand atout pour développement de notre ile ». Le candidat n’a pas oublié la jeuneuse et l’insertion, qui estime que le chômage des jeunes est une bombe à retardement pour le pays. « Honnêtement, je ne peux pas mentir aux jeunes que une fois élu, il y’aura mille emplois dans l’administration de l’ile, ce qui est impossible. D’ailleurs la fonction publique actuellement dépendra de l’Union. Ce que nous pouvons faire, c’est d’encadrer la jeuneuse et l’aider dans l’auto-emploi, pour qu’ils aient des capacités en matière de gestion de projet. Dans ce cas, nous ferions des micro-projets, pour qu’ils soient capables de s’auto-employer et embaucher d’autres », avance-t-il. Pour les jeunes, il prévoit d’ouvrir un centre d’information et des Insertions des Jeunes. Un bâtiment et des équipements, des formateurs, et des conseillers pour le développement des jeunes dans tous les domaines mais aussi bénéficier des connaissances en matière de gestion de projet.

Sur  la nouvelle constitution, Mohamed Cheick estima qu’elle a besoin de loi organique complémentaire pour fixer les lignes budgétaires. « Il y a beaucoup de choses à faire au niveau législatif et réglementaire pour asseoir vraiment des bases et ça ce n’est pas mon travail. C’est le travail de tous notamment l’autorité centrale, et on militera pour défendre les intérêts de l’ile sachant que l’autonomie à été réduite », indique-t-il. Il ose espérer que les personnes qui ont mis en place cette constitution auront la sagesse de faire en sorte que ça fonctionne.

Mohamed Youssouf

 


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