Le finaliste de la dernière présidentielle a annoncé son envie de briguer la magistrature suprême dans un courrier rédigé le 06 janvier dernier. Mohamed Ali Soilihi compte se positionner pourquoi pas prendre sa revanche sur Azali Assoumani.
Dans une missive datée du 06 janvier adressée aux dirigeants de l’Union de l’opposition, coalition composée d’une dizaine de partis politiques, son président, Mohamed Ali Soilihi a déclaré sa participation à la prochaine présidentielle, en tant que candidat. « J’ai alors, prenant l’histoire et les comoriens à témoin, décidé vous proposer ma personne pour diriger le combat électoral qui s’annonce », pouvait-on notamment y lire.
L’ancien argentier de l’Etat sous le régime Ikililou en appelle à ses troupes, et explique que « l’immense majorité de nos partisans et de nos amis pensent que pour cette bataille n’a d’autre choix que celui d’être unitaire ». Comme pour désamorcer la bombe au sein de l’Union de l’opposition dont plusieurs leaders se voient eux aussi candidats. Annonce perçue comme une façon de leur couper l’herbe sous le pied.
Mohamed Ali Soilihi promet aussi de ne pas « se parjurer et que pour demeurer fidèles à nos engagements contractés solennellement auprès des comoriens, cette mandature présidentielle imposée à notre calendrier électoral, doit permettre de rétablir l’ordre constitutionnel, de revenir aux fondamentaux de l’Accord historique de Fomboni, notamment la présidence tournante et l’autonomie large des îles. Elle doit permettre à l’île d’Anjouan de retrouver dans les délais les meilleurs, son tour de la présidence de l’Union ». Ici, nous retenons le verbe parjurer. En effet, il y a un peu moins de quatre mois, le finaliste des élections de 2016 promettait lors d’une conférence de presse qu’il n’allait pas être candidat en 2019. Est-ce une façon d’amoindrir sa déclaration d’alors ?
Dans ce courrier adressé aux différents leaders de l’opposition, avant d’en venir à l’annonce de sa candidature, il a dressé un bilan accablant du régime en place. Celui qui est actuellement en résidence surveillée, « dont les libertés ont été confisquées » n’y est pas allé de main morte quand il s’est agi de descendre le pouvoir Azali.
Il a rappelé le combat qui a été le leur depuis deux ans. « Nous nous sommes librement et collectivement assignés la lourde responsabilité de conduire ensemble le combat des Comoriens contre ce qui n’était apparu au début que comme un pouvoir autoritaire et qui devait se muer progressivement en une dictature brutale et aveugle ».
Mamadou a fait état des signaux alarmants envoyés par le régime en place et de l’audience qui en a découlée au sein de la communauté internationale. De telle sorte que « l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine, la Commission de l’Océan indien ont tour à tour et à diverses occasions, exprimé leur désaccord avec les politiques du pouvoir ».
Pour le futur candidat, « les Comores sont malades, elles sont malades de la gestion chaotique et calamiteuse d’Azali Assoumani ».
Ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin, il a mis à terre les Assises nationales « qui se sont finalement soldées par un échec retentissant de par leur caractère exclusif et leur instrumentalisation par le pouvoir ». Il s’en est ensuite pris au référendum « qui a offert au peuple l’occasion d’infliger aux autorités dictatoriales un cinglant désaveu comme rarement il s’en est connu de pareil dans notre histoire récente ».
Dans ce très long courrier, il a été aussi question de complots orchestrés par le pouvoir, « de vague de répression qui s’est abattue sur les rangs de l’opposition » et des lourdes sentences prononcées lors des procès qui se sont tenus en décembre dernier devant la Cour de sûreté.
Toujours est-il que Mohamed Ali Soilihi semble avoir pris les leaders de l’Union de l’opposition de court avec l’annonce de sa candidature. Reste à connaître leurs réactions. Par ailleurs, l’ancien vice-président en charge des finances est aujourd’hui en résidence surveillée dans le cadre de l’enquête sur les fonds de la citoyenneté économique. Comment alors fera-t-il campagne, si d’aventure sa candidature était retenue par la Cour suprême ? Parce que la Cour suprême pourrait bien constituer une autre paire de manches et pour lui et pour les autres candidats.
Fsy
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