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Election présidentielle anticipée / Seul un scénario catastrophe peut sauver le Colonel Azali

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Election présidentielle anticipée / Seul un scénario catastrophe peut sauver le Colonel Azali © : HZK-LGDC

Demain samedi 09 février, la Cour suprême devra rendre la liste définitive des candidats autorisés à prendre part à la course présidentielle. Depuis quelques jours, suite aux requêtes introduites à l’institution pour invalider certaines candidatures sur des motifs divers, la rue s’interroge de plus en plus sur l’éventuelle élimination de celle de Mohamed Ali Soilihi, leader de l’Updc.


En réalité, le débat autour de cette candidature et celle des autres se fera aujourd’hui. Et il serait suicidaire pour la Cour suprême, objet de tous les suspicions, notamment sur la supposée mainmise de la présidence à son endroit, d’éliminer un candidat qui serait «  gênant » pour Beit Salam alors que la candidature de l’ancien vice-président en charge des finances a été admise lors dans la liste provisoire.

 

Pour les motifs invoqués dans les requêtes en annulation, il est question de la déclaration de son patrimoine qui serait en deçà de ce qu’elle vaut réellement. C’est quand même le rôle de l’institution électorale de vérifier ce qu’il en était vraiment avant de publier la liste provisoire des prétendants du siège de Beit-salam. Nous n’irons pas jusqu’à nous demander comment des candidats ont pu avoir accès au dossier déposé à la Cour par Mamadou, lequel était censé être confidentiel.

 

Il est aussi question de son implication supposée dans la gestion opaque des fonds de la citoyenneté économique dont il est soupçonné d’avoir joué un grand rôle. Cependant, ici aussi, la Cour sait exactement ce qu’il en est. Elle sait aussi pertinemment que Mohamed Ali Soilihi n’ayant fait l’objet d’aucune condamnation, a tout le loisir de postuler à la présidence.  Même si le juge d’instruction pourrait ne pas lever son contrôle judiciaire et l’empêcher donc de faire campagne électorale, il existe des candidats qui ont été élus alors qu’ils se trouvaient en prison…

 

Lors de l’audience de ce 05  février à la Cour suprême, le commissaire du gouvernement, Nourdine Abodo (homme-lige supposé des présidents en exercice) lors de son réquisitoire, a violemment chargé Mohamed Ali Soilih. Si bien que l’assistance a quitté la salle, avec le sentiment prégnant qu’il allait être disqualifié. En réalité, malgré les apparences, on peut penser (à tort) qu’il n’en sera rien. Déjà pour les motifs invoqués plus haut mais aussi parce que seul un scénario catastrophe peut sauver Azali, qui est en bien mauvaise posture. Il y a très peu de chances que l’actuel président passe dès le premier tour et il s’agit-là d’un euphémisme.

 

Déjà parce que les comoriens votent pour les enfants de leurs régions et parce que Azali est devenu en moins de 3 ans tout sauf populaire. Il pourra par contre grappiller des voix dans toutes les localités pour espérer passer au second tour. Et là, c’est que les choses vont se corser. Nous risquons fortement d’assister à un remake de 2016 avec Azali, cette fois en tête d’affiche : tout sauf Azali. Celui-ci pourrait fonctionner avec tous les autres candidats, à l’exception d’un seul : Mamadou, considéré à tort ou à raison comme « très mauvais » par une bonne partie de l’opinion publique. Des anti-Azali primaires pourraient quand même voter pour lui, plutôt que de voter pour Mamadou. 

 

La Cour suprême a donc toutes les (bonnes) raisons de ne pas invalider la candidature de Mohamed Ali Soilihi. Si tant est qu’elle veuille (comme entendu ici et là) sauver son présidentiel poulain.

 

Mohamed Abdou

 


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