La Gazette

des Comores

Election présidentielle anticipée / Des requêtes (en annulation) comme s’il en pleuvait

Election présidentielle anticipée / Des requêtes (en annulation) comme s’il en pleuvait © : HZK-LGDC

Deux candidats ont déposé des requêtes à la Cour suprême aux fins d’invalider certaines candidatures. La Haute cour a encore quelques jours pour rendre l’arrêt définitif portant sur les candidats retenus à la prochaine présidentielle.


C’est le branle-bas de combat du côté de la Cour suprême. De mémoire de journaliste, il n’y a  jamais autant de recours en annulation pour les candidatures approuvées provisoirement par la Haute Cour.

 

Le 29 janvier, la section administrative statuant en matière électorale, avait sur les 20 personnes qui ont fait acte de candidature pour la prochaine présidentielle, rejeté 4. Provisoirement. Ceux-ci avaient jusqu’à mercredi, à 23h59 pour contester le rejet. Jusque là tout va bien.

 

Sauf que ce 31 janvier, l’on apprenait qu’il a plu des recours à la Haute Cour. Et pas forcément ceux qui étaient attendus.

 

Prenons le cas de Said Jaffar El-Macelie, dont la candidature a été approuvée. Dissident du Juwa, il a introduit une requête aux fins d’annuler 4 candidatures et non des moindres. Les 3 concernant des personnalités issues de l’opposition. La plus étonnante est celle d’Ibrahim Mohamed Soulé, investi par le Juwa et dont la primaire a été contestée par le requérant, lui-même il est vrai. El-Macelie estime « que la désignation de Ibrahim Mohamed Soulé comme candidat du parti Juwa n’est pas conforme aux règles et aux procédures fixées par les statuts ». Celui-ci explique que le secrétaire général du Juwa est en détention, et n’a émis aucune délégation de pouvoir à son adjoint, Abdou Said, pour signer la lettre d’investiture.

 

El-Macelie a aussi procédé à deux autres attaques. L’une concerne le député Ali Mhadji et l’autre Mohamed Ali Soilih. Il est reproché au premier d’avoir fait l’objet d’une levée immunitaire suivie d’un mandat d’arrêt par un juge d’instruction. Quant au deuxième, « il est poursuivi pour des faits de droit commun et de détournements de deniers publics et qu’il est contraint par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Moroni qui lui imposent les mesures d’interdiction de recevoir ou de participer à des réunions publiques ou privées, l’interdiction de quitter son domicile ou sa résidence sauf en cas de nécessité avec autorisation du juge ».

 

Le malaise vagal du président de la république s’est invité à la fête. El-Macelie demande donc l’invalidation de la candidature de Azali Assoumani suite à son malaise vagal mais aussi « parce que son état de santé laisse un doute pour briguer un mandat à la magistrature suprême de l’Union des Comores ». Il a par ailleurs regretté « qu’en vertu du droit du peuple comorien de connaître l’état de santé de son président, son bulletin de santé n’a pas été publié ».

 

Autre candidat qui a demandé l’invalidation des candidatures à la pelle, Bourhane Abdallah. Celui qui avait fait mouche lors d’une conférence de presse au cours de laquelle, il disait qu’une fois au pouvoir, il allait sortir le pays de la zone franc, supprimer l’armée et abandonner le français pour l’anglais. Bourhane Abdallah dont la candidature a été provisoirement rejetée au motif d’un certificat de résidence incertain, a  lancé des attaques tous azimuts. Mais avant de s’en prendre aux autres, il a certifié qu’il habitait bien à Dembeni dans le Mbadjini depuis plus de 12 mois. « Et que cet élément ne peut être retenu pour constituer le motif du rejet de ma candidature ».

 

Ceci étant clarifié, Bourhane Abdallah est passé à la vitesse supérieure. Pour lui, il faut invalider la candidature du leader de l’Updc, Mohamed Ali Soilih, car « il est actuellement poursuivi par la justice comorienne et inculpé pour détournements de deniers publics. L’arrêt n°98/18 du 11/12/ 2018 de la Cour suprême (sic) lui interdit de recevoir ou de participer à des réunions publiques ou privées ; etc. Bourhane est revenu sur l’affaire Boule Mining mais estime aussi que « la Cour doit se pencher sur la déclaration de patrimoine du candidat Mohamed Ali Soilih pour voir si elle concorde avec ses moyens financiers issus de postes juteux qu’il a occupés pendant des dizaines d’années ».

 

En outre, Bourhane Abdallah estime que le député Ali Mhadji est en fuite puisque « recherché par la justice et qu’il n’a aucune adresse connue à ce jour ». « Ainsi bien qu’à ce jour, ce candidat n’est pas condamné et n’est pas privé de ses droits civiques, je demande à la Cour pour des raisons d’éthique, (…) de disqualifier sa candidature ».

 

Quant à Salim Saandi, le requérant a indiqué qu’il « est de notoriété publique qu’il réside en France et ne peut produire un certificat de résidence en Union des Comores ».

 

Enfin pour ce qui est du président de la république, par ailleurs candidat à sa propre succession, « il a été constaté que ce dernier souffre de malaises vagaux (…). Cette situation laisse présumer qu’il n’est pas en bonne santé ». Raison pour laquelle, il demande l’annulation de sa candidature.

 

Inutile de dire que l’opinion publique attend avec un intérêt qui va crescendo, la publication de l’arrêt définitif des candidats retenus pour la présidentielle.

 

Fsy

 

Encadré

 

Youssouf Boina retire sa candidature

 

A l’heure où nous mettions sous presse, nous apprenons que Youssouf Boina, aurait retiré sa candidature à la présidentielle. Membre influent de l’Updc, son retrait pourrait être motivé par l’objectif de donner plus de chance à leur leader Mohamed Ali Soilihi.

 

 

 

 

 

 


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