La Gazette

des Comores

Election présidentielle anticipée / 1er meeting de Soilihi Mohamed « Vous avez les armes mais nous délogerons Azali de Beit Salam »

Election présidentielle anticipée / 1er meeting de Soilihi Mohamed « Vous avez les armes mais nous délogerons Azali de Beit Salam » © : HZK-LGDC

Une haie d’honneur longue de plusieurs mètres, une troupe d’enfants vêtus de tenue militaire, une ambiance survoltée, la capitale du nord, Mitsamihuli a accueilli le 16 mars dernier, Soilihi Mohamed, candidat à la présidentielle. Celui-ci, qui est arrivé samedi après une semaine en France, a choisi sa ville natale pour livrer sa première démonstration de force après plusieurs jours de campagne de proximité. L’ancien chef d’Etat-major avait à ses côtés, le capitaine Rachadi Abdallah, ancien capitaine de l’armée, qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis. Il est venu prêter main forte à son compagnon d’armes de 1995.


Mitsamihuli a accueilli de façon royale l’un de ses fils. Le premier meeting du Colonel Soilihi sur l’île de Ngazidja a eu lieu en son emblématique place : Mhanda Dju’u, (littéralement sous le badamier). Le cœur de la cité a été envahi par des milliers de partisans. Quant à la haie d’honneur réservée à l’ancien chef d’Etat-major, elle a commencé à la place dite Mveri djuwu, jusqu’à la mosquée de vendredi. On y voit un Soilihi Mohamed, entouré de son staff dont Nadia Tourqui, chargée des relations extérieures et le Capitaine Rachadi Abdallah. Sous l’estrade, plusieurs personnalités dont l’ancien ministre des affaires étrangères, Mouzaoir Abdallah que d’aucuns surnomment Chehu.

 

Rachadi Abdallah a, lors de son intervention, harangué la foule, ce qui a fait dire à quelqu’un qu’il avait « dû manger du lion ». L’ancien officier, vêtu d’un ensemble kaki donnait l’impression de loin d’avoir porté une tenue militaire. La tête droite, la voix à la fois grave et rocailleuse, le regard ferme, Rachadi Abdallah a donné l’impression qu’ils mettaient en garde l’armée. Il a dit, « Soilihi Mohamed et moi, nous n’avons pas peur de prendre nos responsabilités ». Le ton est donné. Et il ira crescendo tout au long de son allocution.

 

« A ceux qui disent qu’ils vont user de la force contre nous, je vais leur raconter une histoire », a-t-il scandé. Il est revenu sur la date du 03 août 1975, jour où l’ancien président Ali Soilihi Mtsashiwa a fait son coup d’Etat. Il a repris les propos attribués au Mongozi qui a déclaré lors de cette lointaine journée : « vous aviez les armes, vous les avez encore mais la révolution a eu lieu pacifiquement ». Il fera sienne cette citation en l’ajustant au contexte actuel : « pour le 24 mars prochain également, vous avez les armes, vous les aurez mais nous allons quand même ramener l’ancien président Azali Assoumani, chez lui, dans sa famille et loger Soilihi Mohamed au palais présidentiel de Beit-Salam ». Ou « la révolution par les urnes ».

 

L’ancien maire de Fomboni, capitale de l’île de Mohéli, fidèle à son ton provocateur et un brin moqueur a commencé par dire que « le pays était pris en otage par des esprits malfaisants (wana yisa) ». Ensuite il a démonté en pièce le slogan de campagne de Azali candidat en 2016, « un jeune, un emploi, tout ce que Azali a fait c’est licencier en masse pour ensuite augmenter son salaire ». Interrompu un temps par l’appel à la prière, il dira, « à situation exceptionnelle, un homme exceptionnel ».

 

Enfin pressé par le temps, le Colonel Soilihi Mohamed a entamé son discours qui fut bref. Il a rendu hommage à l’ancien président du Conseil, Said Mohamed Cheikh qui est mort le 16 mars 1970, une prière a été lue en son endroit. Il a aussi rendu hommage à son ancien maitre d’école, mort en mer. Puis il clamera, « Si je suis candidat, c’est pour défendre les intérêts supérieurs de la nation ; Azali Assoumani est déjà vaincu, il lui reste à choisir sa porte de sortie », a-t-il martelé.

 

Il compte s’il est élu faire des réformes, diminuer le salaire du président et des ministres. Aux gens qui vont travailler avec lui s’il est élu, il leur dit, « préparez-vous parce que nous allons servir ce pays et nous serons au régime ». Il a également mis en garde contre les proches qui voudraient user de leur proximité avec lui pour piétiner les règles qui régissent la République. Il a également mis en garde contre toute tentative de fraude. « Si j’ai la certitude que je suis élu, j’appellerai mes partisans et nous ferons cap sur Beit Salam ».

 

Fsy

 


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