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des Comores

Election présidentielle / anticipée L’opposition dénonce « un coup d’Etat »

Election présidentielle / anticipée L’opposition dénonce « un coup d’Etat » © : HZK-LGDC

Ce 24 mars a eu lieu le double scrutins présidentiel et gubernatorial. Si l’opposition a dénoncé un coup d’Etat et un bourrage d’urnes, le ministre de l’intérieur Mohamed Daoudou, a fait valoir au cours d’une conférence de presse que les « quelques incidents qui ont eu lieu ne sont pas de nature à entacher le scrutin ».


Le double scrutin de ce dimanche ne s’est pas franchement bien déroulé. Au-delà des retards parfois de deux heures sinon plus de l’ouverture des bureaux censés ouvrir à 07h00 et des nombreux citoyens qui ne figuraient sur les listes électorales dans les bureaux dans lesquels ils votent habituellement, la journée était tendue. Les nouvelles concernant l’île d’Anjouan n’étaient pas bonnes et si un calme précaire régnait à la Grande-Comore, la tension était quand même palpable.

 

En fait, la situation était confuse tout au long de la journée d’hier. Vers 11h00 du matin, les 12 candidats de l’opposition via une déclaration, ont dénoncé « des urnes pré-remplies dès 04h du matin, les assesseurs des différents candidats indépendants n’ont pas reçu les accréditations, des tirs ont été entendus ou encore l’usage massif de procurations a été signalé ».  L’opposition a enfin « constaté la prise en otage du pays et saisissons l’Union africaine afin qu’il prenne les dispositions nécessaires ». Les candidats ont tout fait pour rencontrer le président de la Commission Electorale sans grand-succès.

 

Pour sa part, le ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou a tenu un point de presse à 14h00. Il a annoncé une participation nationale à 40%. « C’est le calme qui a prévalu, le processus électoral suit son cours ; tout est sous contrôle ». Il a démenti les blessés à Anjouan dont beaucoup de gens parlaient, y compris des journalistes sur place, les routes barrées et a farouchement nié les accusations de fraude portées par l’Opposition.

 

Juste après la conférence de presse de Mohamed Daoudou, les candidats de l’opposition rassemblés chez Achmet Said Mohamed après plusieurs heures de conciliabules décident de s’adresser à la presse. Ils seront encerclés par les hommes en treillis. Le Colonel Soilihi Mohamed, plus connu sous le surnom de Campagnard a lu une déclaration signée par tous les candidats de l’opposition. « Pour répondre au coup d’Etat perpétré sur l’ensemble du territoire national, ayant pour objet de museler la population à se rendre dans les urnes, nous déclarons illégitime le gouvernement Azali », a-t-il déclaré. L’opposition dit « contester la mascarade de ces élections et appelons le peuple à résister et à se mobiliser contre l’ignominie ».

 

Une autre déclaration sera lue moins d’une heure plus tard dans laquelle, elle demandait à ses militants « d’empêcher par tous les moyens possibles l’acheminement des urnes à Moroni ». Les candidats se sont mis en tête de se rendre au Palais du Peuple où sont compilés les résultats. Ils n’atteindront jamais leur destination, des gendarmes ayant bloqué les deux voies menant à l’assemblée nationale. Ils étaient cantonnés aux abords du Palais. Plus de deux heures plus tard, ils ont levé le camp prétextant « qu’ils allaient prier ».

 

Fsy

 


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