De la candidature unique (espérée par beaucoup) de l’Union de l’opposition, elles essaiment. Elles se multiplient jusque dans les rangs du Juwa. Principal argument (de circonstance) avancé : plus il y aura des candidats, plus ce sera funeste pour ceux portés par le pouvoir. Ce qui reste encore fortement à vérifier.
C’est sans doute le parti qui a le plus à perdre et qui a payé le plus lourd tribut. Et pourtant. Juwa, principal parti d’opposition, qui compte 3 de ses plus éminents membres en prison pour différentes affaires s’apprête à se lancer à l’assaut de la prochaine présidentielle en rang pas très ordonné. Juwa qui compte son président d’honneur, l’ancien chef d’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, en détention préventive dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds de la citoyenneté économique, le gouverneur élu d’Anjouan, Abdou Salami Abdou (mis en cause dans l’insurrection de la médina en octobre 2018) et le secrétaire général du Juwa, Ahmed Hassan El-Barwane condamné à 7 ans de prison en décembre dernier dans le cadre du procès dit du gendarme mutilé le jour du référendum.
Le parti compte au moins deux candidats déclarés. Le premier a été désigné suite à une élection primaire remportée haut la main, il s’agit du député de Moroni Nord, Ibrahim Mohamed Soulé. Le deuxième, El-Macelie Said Jaffar, qui a déposé sa candidature à la Cour suprême ce 22 janvier, en indépendant, remettrait en cause la procédure de la tenue de ladite primaire. El Macelie portera l’étiquette d’indépendant. Il a refusé de se retirer en estimant que la primaire de son parti n’a pas respecté le principe d’équité des candidats à la candidature. Une autre se murmure en la personne de Fahmi Said Ibrahim, candidat malheureux de l’élection de 2016.
Juwa, le disions-nous plus haut est le parti qui a payé le plus lourd tribut parmi tous les partis de l’opposition. Ces 3 candidatures si celle de Fahmi Said Ibrahim venait à se confirmer ne feront qu’éparpiller les voix du parti de Sambi. A l’avantage, peut-être de celui qu’ils disent pourtant combattre, le régime en place.
Et si on devait dans le schéma y intégrer les autres « grands » partis de l’Union de l’opposition, à savoir l’Updc de Mohamed Ali Soilihi et le Rdc de Mouigni Baraka Said Soilihi, l’on se demande réellement si l’opposition n’a pas perdu le nord, si tant est qu’elle l’ait déjà possédé.
L’Union de l’Opposition n’est plus qu’un lointain souvenir. Pour essayer de sauver ce qui peut l’être, ses leaders disent « s’être mis d’accord pour déposer plusieurs candidatures ». Mais en réalité, il n’en est rien. Mohamed Ali Soilhi rêvait d’être soutenu par le Juwa et le Rdc. Tout comme ses deux derniers rêvaient qu’ils le soient par l’Updc. Tous des califes auto-proclamés à défaut de l’être de façon consensuelle. Surtout que tous s’envoient des peaux de bananes entre eux, eux qui sont censés s’être mis d’accord pour désigner plusieurs candidats pour représenter la coalition de l’opposition.
Et pour nourrir leur très grande ambition, tous brigueront la magistrature suprême avec cet argument affligeant parce que nourri de leurs propres errements : « si nous avons beaucoup de candidats, ça ne peut qu’être funeste pour ceux du pouvoir, les comoriens votant par essence pour les postulants de leurs régions ». Ils auraient trouvé un autre raisonnement s’ils s’étaient mis d’accord pour présenter une candidature unique.
Un autre me disait au téléphone hier en fin d’après-midi, « nous allons remporter ces élections », en y mettant un bémol : « à moins qu’il n’y ait fraude ». On se demande encore ce qu’ils ont entrepris pour lutter contre.
Fsy
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