La Gazette

des Comores

Election / présidentielle anticipée « Un coup, K.O »

Election / présidentielle anticipée «  Un coup, K.O » © : HZK-LGDC

Le candidat soutenu par le Juwa, Me Mahamoud Ahmada est arrivé de France hier. Accueilli triomphalement par des milliers de sympathisants, il a tenu un meeting à Ajao. Il promet un retour à l’ordre constitutionnel de 2001 avec un mandat de deux ans et de baisser les taxes douanières, entre autres.


Le candidat soutenu par le parti Juwa, Me Mahamoud Ahamada, rentré de France ce mercredi a eu un accueil triomphal. De l’aéroport de Hahaya où des dizaines et des dizaines de voitures l’attendaient, il a fait le tour de Moroni, créant des embouteillages monstres. Me Mahmoud Ahmada s’est ensuite rendu à un meeting à l’emblématique place Ajao, là où se prend la température de tous les candidats qui peuvent créer la différence. Le stade Ajao était largement plein où des milliers de sympathisants bariolés de vert et de jaune (les couleurs du Juwa) attendaient. L’avocat de l’ancien président en prison, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a créé la surprise. Celui-ci n’est pas forcément un poids lourd de la politique comorienne mais force est de constater que l’appareil derrière lui a su mobiliser les troupes à la Grande-Comore.

 

Une autre surprise est survenue, c’est celle de l’adjoint au Maire de Moroni, Cheikh Ali Bacar Kassim. Celui qui était en retrait a expliqué sa descente dans l’arène par « la situation politique tendue qui prévalait avec comme conséquence, les prisonniers politiques ». Il a même lancé une boutade à Mze Soulé Elback (du même parti que lui) l’ancien président de l’île de Ngazidja, adversaire politique coriace sous Azali I et fervent soutien de celui-ci sous ce régime. « Je lui demande de se repentir et venir nous rejoindre, et s’il refuse, je demande quand même aux militants du parti Dudja de tourner le dos à ce régime ; parce que, souvenez-vous, lors de son premier mandat, Elback a été spolié par Azali, de ce qui lui revenait pourtant de droit, il ne peut donc pas espérer grand-chose de celui-ci », a-t-il lancé sous une salve d’applaudissements. 

 

Le secrétaire général adjoint du Juwa, Abdou Said, usant de slogans et détournant celui qui est utilisé par la mouvance présidentielle, « ye gwa ndzima » a scandé un « ye ntsoma moja tu », qu’on pourrait traduire par « un coup, K.0 ». Lui aussi a eu une pensée pour les prisonniers politiques, de Sambi à Salami en passant par Ahmed Hassan El-Barwane, Said Ahmed Said Tourqui,  le commandant Faissoil, Bahassane Ahmed ou encore l’ancien vice-président en exil, condamné par contumace, Djaffar Ahmed Said Hassani.

 

Ahmed Abdallah Mohamed, candidat au gouvernorat de l’île de Ngazidja, rappelant le poids de Sambi a fait savoir «  que chaque membre de notre parti pèse un kilo, seul notre président d’honneur fait le double ». Evoquant son programme s’il est élu, au niveau de l’éducation,  il a mis l’accent sur l’importance de l’enseignement technique en plus de l’enseignement général dans les lycées.

 

L’invité d’honneur du jour, Me Mahamoud Ahamada après les salutations d’usage a affirmé «  que s’il accédait au Palais présidentiel, il n’y resterait que pour deux ans » afin de céder la place un anjouanais comme le prévoyait la constitution avant sa profonde réforme.   Il a par ailleurs évoqué le cas du salaire présidentiel, « indécent », selon lui, et a promis «  qu’il serait revu largement à la baisse afin que son montant ( qui est actuellement de 17 millions selon certaines sources) ne soit pas choquant pour les comoriens ». Il en sera de même pour les émoluments des membres du gouvernement.

 

Cet avocat au barreau de Moroni, a aussi prévu de « baisser les taxes douanières afin de booster la consommation des ménages ; dans un pays qui importe tout, il est important que chaque chef de famille soit en mesure de faire bouillir la marmite ».

 

Il n’a pas manqué de tacler «  le gouvernement et ses mensonges en ce qui concerne l’arrivée de groupes électrogènes prétendument neufs ». Principale réalisation de Azali, autoproclamé père de la lumière, Mahamoud Ahmada, désignant du doigt «  les lampadaires situés au niveau du ministère des affaires ‘étranges’» qui à 18h00 n’étaient pas allumés, signe d’un énième délestage ».

 

 Alors qu’elle était morne, la campagne électorale commence à prendre forme. Me Mahamoud Ahmada vient de lancer la sienne avec brio, les meetings d’envergure étaient jusqu’ici réservés à l’alliance de la mouvance présidentielle, les autres candidats lui préférant ( par manque de moyens financiers peut-être), une campagne de proximité.

 

Fsy

 


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