Les candidats issus de l’opposition ont au cours du point de presse qui a eu lieu hier mercredi, exigé un comptage manuel des voix de tous les bureaux de vote au niveau national. Ils ont par ailleurs réclamé la réactualisation du Protocole d’accord de 2016, qui portait essentiellement sur la sécurisation des élections pour les élections générales.
Lors d’un point de presse tenu ce 27 février, 10 candidats de l’opposition (Salim Saandi ayant suspendu sa campagne) ont déclaré « qu’ils exigeaient le comptage manuel de tous les bureaux de vote sur le territoire national des élections présidentielle et des gouverneurs dans les structures qui existent (Ceni, Cour suprême), des voix lors des élections présidentielle et gubernatoriale du 24 mars prochain. Avant d’en venir à cette exigence, les signataires de la déclaration ont largement décrit l’actuel contexte électoral, selon eux.
Ainsi, si le Collectif a exprimé « sa volonté d’aller aux élections prévues les 24 mars et 21 avril prochains pour mettre fin au climat répressif et aux abus du pouvoir en place », il a néanmoins soulevé une série de questions, « qui méritent d’être examinées afin que les Comores puissent tirer profit du caractère historique, donc exceptionnel, de ces élections anticipées ».
Mais pour cela, il faudrait que les élections soient « au-dessus de tout soupçon, véritablement transparentes, crédibles et indépendantes car les graves incidents qui ont entaché le référendum tenu en juillet 2018, les arrestations opportunistes des concurrents du président-candidat, les motifs d’invalidation par la Cour suprême qui les avaient provisoirement retenus et les provocations dangereuses, notamment celles faites par le président candidat sur les ondes de Rfi et répétées dans ses autres interventions révèlent une vraie volonté du pouvoir d’organiser un holdup électoral et de plonger notre pays dans une crise politique et institutionnelle ».
Les derniers actes posés par Azali Assoumani avant de prendre congé ont évidemment été passés en revue ainsi que les arrêtés du ministre en charge des élections. « La publication de dizaines de décrets de nomination, à quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale, le dysfonctionnement des listes électorales parallèles, la publication des arrêtés du ministre en charge des élections, manifestement contraires aux dispositions de la loi électorale, et particulièrement lorsque ce ministre indique qu’un procès-verbal est valable même en l’absence des signatures des assesseurs alors que la loi exige leur signature », pouvait-on lire dans la déclaration distribuée à la presse.
Le Collectif a fustigé par ailleurs l’utilisation des moyens de l’Etat au service des candidats de l’Alliance de la Mouvance Présidentielle. « Le ministre de l’Energie qui assure l’intérim (sic) du chef de l’Etat, celui de l’Intérieur, chargé des élections (…) se sont tous déplacés, et ont assisté avec les moyens de l’Etat, à la cérémonie d’investiture de la direction de campagne du Président-candidat et au meeting de ce dernier qui a eu lieu le 24 février 2019 ».
Pour les signataires de la déclaration, les garanties d’élections libres ne sont pas réunies ; la preuve, l’exigence constitutionnelle de prise de congé dont la finalité est la neutralité imposée à l’administration sur le processus électoral, l’interdiction absolue imposée par la loi électorale d’utiliser des moyens de l’Etat à des fins de propagande sont méprisées par le pouvoir en place alors qu’elles sont des bases solides de crédibilité, de transparence et de sincérité d’élection ».
Tous les candidats présents qui ont pris la parole ont fait montre de fermeté vis-à-vis des agissements supposés du pouvoir en place et ont dressé une mise en garde contre tous ceux qui détourneraient le suffrage des comoriens.
Faïza Soulé Youssouf
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