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Echauffourées entre députés de l’opposition et GIPN / Député Msaidié : "Nous avons été déshabillés et enfermés dans une cellule"

Echauffourées entre députés de l’opposition et GIPN / Député Msaidié : © : HZK-LGDC

Après les échauffourées entre des élus de l’opposition et le Groupe d'Intervention de la Police Nationale mardi, place de l'Indépendance, les élus ont tenu un point de presse hier. Les deux députés de l'opposition, placés en détention toute la soirée de mardi, ont tenu le lendemain une conférence de presse, décrivant les tortures dont ils auraient été victimes.


Dans l’après-midi du mardi 8 mai, des échauffourées ont eu lieu entre manifestants et le GIPN après qu'un rassemblement ait dégénéré. S'en est suivie l’arrestation des députés Ali Mhadji et Mohamed Msaidié. Le premier a été libéré "à 21h00" et le second à "minuit", ont-ils confié devant la presse nationale hier. « Au commissariat, nous avons été placés dans une salle sombre, puis nous avons été déshabillés, comme des gamins, avant qu'on nous asperge divers gaz asphyxiants », a décrit Mohamed Msaidié.

 

« Nous avons été insultés, malmenés et humiliés! (...) Je leur ai dit que ni la police ni la gendarmerie n'avait le droit de malmener quiconque. N’en parlons pas des élus de la Nation! », a confié le député Mhadji qui assure avoir été battu puis « asphyxié au point de ne plus pouvoir respirer ». Plus tard, quand il demandera à ses bourreaux de se rendre à son domicile lui apporter ses médicaments, ces derniers refuseront. « Peut-être voulaient-ils ma mort? », lâche-t-il.

 

Pour le député d'Itsandra sud, « aucune procédure d'arrestation n'a été suivie ». Exaspéré, il préfère parler d'enlèvement plutôt que d'arrestation. « Ni le ministre de l’Intérieur, ni les procureurs, aucun n’a envoyé de mots pour une quelconque arrestation. Moi je suppose que c’est une décision émanant de la police elle-même ». Tous s'offusquent du silence des procureurs: « 24 heures et aucune réaction du procureur pour savoir ce qui s’est réellement passé. Un élu de la nation enlevé. Sans aucune explication. C’est inadmissible! », s'est emporté le député de Moroni Sud.

 

Ne décolérant pas, ils ajoutent: « Le gouvernement ne réagit pas. Cela leur arrivera aussi, au chef de l’Etat et aux Ministres, puisque cela montre que c'est ce qu’il faut faire à nos autorités». Alors que le gouvernement se retrouve en Conseil des ministres chaque mercredi, son porte-parole et ministre de l’Intérieur a salué hier, « le travail remarquable observé par la police nationale ». Alors que Beit Salam accueillait hier Mogkweetsi Masisi, président du Bostwana, Mohamed Daoudou a déclaré : « A un moment où le pays reçoit un président d’un pays ami, un député se doit d'être exemplaire pour la paix et la stabilité du pays ».

 

Ibnou M. Abdou

 


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