Lundi dernier, un juge d’instruction a inculpé l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi au motif de « corruption, détournement de deniers publics, complicité de faux et usage de faux et forfaiture » dans le cadre de l’affaire du programme de citoyenneté économique. L’ancien raïs est depuis placé en détention provisoire à sa résidence de Voidjou.
L’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a été inculpé et placé en détention lundi dernier dans le cadre de l’affaire dite de citoyenneté économique. Une enquête sur des détournements présumés de fonds opérés dans la vente de passeports comoriens et qui impliqueraient plusieurs anciennes autorités de l’Etat.
C’est le procureur de la République qui l’a annoncé officiellement mardi dernier. Selon le chef du parquet l’ancien raïs n'a pas été envoyé à la maison d’arrêt mais à sa résidence de Voidjou, à une quinzaine de kilomètres au nord de la capitale, Moroni. « Sur un arrêté ministériel, le domicile de l’ancien président de la République est devenu une annexe de la maison d’arrêt de Moroni et il est en train d’être aménagé pour que les conditions d’un détenu soit exactement respectées au niveau de son domicile », précise Mohamed Abdou, le procureur de la République. Le président d’honneur du parti Juwa perd ainsi tous les privilèges dont il jouissait. Il est privé de son téléphone, de son ordinateur et même de la télévision et de son cuisinier personnel.
Au pouvoir de 2006 à 2011, M. Sambi, l’un des principaux opposants au régime, était assigné à résidence depuis quatre mois, sur la base d’une note du ministère de l’intérieure, accusé d’« atteinte à l’ordre public ». Lundi après-midi, un juge d’instruction l’a inculpé de « corruption, détournement de deniers publics, complicité de faux et usage de faux et forfaiture » dans la vente de passeports comoriens et a ordonné son placement en détention.
Selon son avocat Me Ahamada Mahamoudou, l’ancien président nie les faits. La mise en détention formelle de l’ancien président, 60 ans, intervient dans un climat politique très tendu aux Comores, suite au référendum constitutionnel contestée par l’opposition. Il est aujourd’hui l’un des principaux adversaires de l’actuel chef de l’Etat, Azali Assoumani, après l’avoir soutenu à accéder au pouvoir en mai 2016. Il s’est ainsi opposé à une réforme constitutionnelle, adoptée par référendum le 30 juillet dernier, qui permet à son successeur de briguer deux mandats successifs. L’opposition dénonce depuis des mois les « abus de pouvoir » du chef de l’Etat, qui envisage d’organiser et se présenter à une élection présidentielle anticipée en 2019.
Mohamed Youssouf
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