Le départ précipité de la mission Onusienne inquiète plus d’un. Invité aux Comores pour une visite officielle dans les différents sites de détention, évaluer l’évolution de la situation et déterminer les problèmes sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Nils Melzer et sa délégation ont quitté les Comores in extremis, peut-être avant même la fin de leur mission. Certains se demandent si ce départ « anticipé » ne coïncide pas avec le refus d’accéder à la prison annexe où est incarcéré l’ancien président Sambi.
Sur un engagement pris par le Gouvernement Comorien de recevoir tous les mandats des procédures spéciales, le conseil des Droits de l’Homme avait envoyé en première visite officielle, l’expert indépendant, Nils Melzer dans l’archipel. Une mission de presqu’une semaine durant laquelle, l’expert Onusien devait, en visitant les différents sites de détention, évaluer l’évolution de la situation et déterminer les problèmes sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Prévue en conférence de presse avant de partir pour faire un premier rapport sur leur visite, la mission Onusienne a anticipé son départ de Moroni et est partie le 17 juin en fin d’après-midi.
Pourquoi ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question. Seul motif avancé par l’opinion, une probabilité à vérifier, la mission Onusienne avec à sa tête l’expert indépendant Nils Melzer aurait « heurté le mur des autorités » qui les auraient empêché de visiter la prison annexe où est détenu l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Sur la page Facebook de la radio Hayba Fm, il est écrit que l’avocat de l’ancien Président Sambi, Maitre Mahamoudou Ahamada, a lui aussi quitté Moroni pour Paris où il était attendu hier soir (Ndlr : la nuit du lundi). « Hayba apprend qu’une rencontre est prévue la semaine prochaine entre des opposants au Président Azali, des militants des droits de l’Homme et la commission de l’ONU à Genève », lit-on sur ce post Facebook qui date du lundi dernier.
Pour rappel, la mission Onusienne se serait vue refuser l’accès à la prison annexe de Voidjou où est incarcéré l’ancien Rais après avoir eu accès au centre pénitentiaire de Moroni. Un refus qui a provoqué l’indignation de Me Mahamoudou Ahamada. Ce dernier avait alors signifié qu’à son humble avis « ces gens n’ont pas besoin d’un permis pour visiter un lieu faisant partie de leur mission » bien que le procureur de la République, Mohamed Abdou avait précisé lors d’un point de presse avoir « ordonné aux agents du centre pénitentiaire et aux gardiens de les laisser faire leur travail ». « Il se trouve que la mission a voulu visiter l’annexe où se trouve Sambi subséquemment. Et ce n’était pas demandé. Quand j’ai rencontré la mission, elle ne m’a pas parlé d’annexes ni dans le courrier ni dans cette rencontre. Or la loi ne leur permet pas d’entrer dans ces lieux sans la moindre permission », avait affirmé le procureur de la République devant la presse avant de préciser que « il appartient au juge d’instruction chargé de l’affaire de donner ce permis de communiquer ou de visiter ».
Dans le communiqué des Nations-Unies adressé au ministère des Affaires Etrangères, Nils Melzer avait annoncé que sa tâche était de « engager le dialogue entre les dirigeants et les acteurs clés, afin d’aider les autorités à faire respecter l’état de droit et à enquêter sur les allégations de recours à la force excessive, de torture et de mauvais traitement ». L’ancien Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi serait-il emprisonné dans des mauvaises conditions ? Une source proche de la délégation s’est demandé les raisons de bloquer l’accès à la mission de visiter les lieux sans épargner les conditions de séquestration de l’ancien Rais.
Eviter le pire serait la bonne manière de faire les choses. A cet effet, l’avocat de Sambi a expliqué lors de sa dernière sortie médiatique, que les conditions carcérales dans le pays ne sont pas normales et que des prisonniers seraient même privés des soins médicaux.
A.O Yazid
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