La Gazette

des Comores

Dialogue national : L’opposition tire à boulets rouges sur la mission de l’UA

Dialogue national : L’opposition tire à boulets rouges sur la mission de l’UA © : HZK-LGDC

Pour l’opposition nationale, il est plus qu’évident que la mission de trois jours de l’Union africaine était plus « touristique » que professionnelle.


24 heures après la fin de la mission de l’Union africaine à Moroni pour jeter les bases du dialogue national qui devrait se tenir incessamment, l’opposition ne cache sa déception, sa colère même, et pour cause ! Cette visite peut se résumer à un véritable camouflet infligé à Barwane et consorts, dont les conditions pour participer au dialogue sont balayées d’un revers de main par Bankole Adeoye et son équipe qui estiment que « le passé turbulent est un temps révolu » et qu’il faut se projeter dans l’avenir. Une douche froide pour ceux qui espéraient obtenir la libération des prisonniers politiques, à la tête desquels l’ancien président Sambi et le gouverneur déchu d’Anjouan, Salami, avant le dialogue inter-comorien.

 

C’est dans une conférence de presse tenue hier jeudi que la coalition conduite par l’ancien ministre de l’intérieur et secrétaire général du principal parti de l’opposition Juwa, a monté sur ses grands chevaux. « Nous nous attendions un peu plus de la mission de l’Union africaine vu nos requêtes et communiqués que nous avons formulés et envoyés à la communauté africaine par l’intermédiaire de l’UA mais également nos doléances sur un dialogue concret. Il s’agissait ici d’une suite logique de la lettre du mois de juin. Nous avons toujours voulu qu’Azali quitte le pouvoir dans la paix, hélas. La discussion a pris une autre tournure. Mais nous n’allons pas rentrer dans le jeu, car à vrai dire l’Union africaine souhaite que la situation se gâte quitte à entrer dans une guerre sanglante pour qu’à ce moment-là elle réagisse », s’emporte Ahmed Barwane, patron du Front commun, la coalition de l’opposition.

 

Pour rappel, lors de sa conférence de presse marquant la fin de sa mission mercredi 15 septembre au Golden Tulip, le Monsieur paix et sécurité de l’UA a affirmé avoir constaté lors de ses trois jours de mission à Moroni, « la paix, la stabilité, la sérénité et la démocratie aux Comores. Le passé turbulent est un temps révolu ». Mais pas que. Il a aussi affirmé que « la situation politique est calme qu’en 2018, et même mieux qu’avant 2018 » Et par-dessus tout, la mission estime qu’ « il n’y a pas de prisonniers politiques aux Comores ». De quoi sortir l’opposition de ses gonds, comme elle soutient mordicus le contraire. « Ils ne sont pas venus ici pour arranger les choses. Bien au contraire. Ils sont venus visiter le pays. C’était un séjour touristique », réagit pour sa part Ibrahim Abourazak Razida, un des opposants les plus bruyants de la place.

 

Cette conférence était également l’occasion pour l’opposition de répondre au parti de la Mouvance présidentielle, Radhi. Ce parti de Houmed Msaidie avait critiqué avec véhémence l’attitude de l’opposition vis-à-vis de ce dialogue auquel elle a tourné le dos. « Nous n’avons pas de leçon à recevoir de ce parti qui a retiré un candidat aux législatives [de février 2020 en faveur du candidat du parti présidentiel la CRC]. Je crois que vous n’avez rien à nous dire », devait enchainer M. Razida.

 

Andjouza Abouheir

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.