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Dialogue national : L’opposition met de l’eau dans son verre

Dialogue national : L’opposition met de l’eau dans son verre © : HZK-LGDC

La réponse du chef de l’État Azali Assoumani à l’opposition sur le dialogue national que Beit-Salam appelle de ses vœux est jugée globalement « positive » par le porte-parole du Front commun.


S’il est trop tôt pour dire que l’opposition qui a beau rejeter l’appel au dialogue national change son fusil d’épaule, l’on peut déduire aux vu des dernières réactions qu’elle met de l’eau dans son verre. En effet, les opposants à Azali Assoumani, qui jusqu’ici voulaient un dialogue qui se focaliserait plutôt sur son départ car, estiment-ils, « son mandat a pris fin depuis le 26 mai 2021 », semblent avoir réalisé que cette stratégie n’est pas payante. En décidant de reconnaitre le Front commun et sa participation au dialogue national, on peut dire qu’Azali Assoumani a réussi à s’attirer les faveurs de ses adversaires. « Vous avez choisi de répondre au nom d’un Front commun des forces vives contre la dictature, une structure qui n’a pas été conviée à ce dialogue. Néanmoins, le cadre du dialogue que j’ai personnellement initié reste ouvert à tout regroupement politique et si celui-ci incarne l’opposition nationale, je me réjouis de votre réponse », a écrit le chef de l’État dans sa lettre adressé à l’opposition, le 13 octobre.

 

Ce à quoi réagit le porte-parole du Front commun contre la dictature, soit la coalition de l’opposition. Si Ibrahim Abdourazak Razida dit regretter que le chef de l’Etat ne souhaite pas à ce que la question de l’Accord cadre de Fomboni soit évoquée, il n’en reste pas moins qu’il salue la reconnaissance du Front commun : « Du point de vue du contenu, je peux dire que c’est déjà positif car il reconnait avoir écrit à deux partis (le Juwa et l’UPDC, Ndlr) mais il a eu une réponse du Front commun et que celui-ci peut prendre part au dialogue. Mais la positivité on l’attend aussi dans les faits », devait-il admettre non sans prudence. Pour autant, l’opposition ne reconnait d’Azali ni légalité ni légitimité, mais force est de constater que le point d’achoppement de ce dialogue reste dorénavant sur les thématiques, et donc le fond et non la forme. « Il a fait savoir que le sujet sur l’Accord de Fomboni ne doit pas être évoqué. Cela ne peut se passer comme ça car nous sommes dans le principe de la présidence tournante. Lequel principe relève de cet Accord et surtout que c’est sur cette base qu’il a été élu en 2016 et il faut aussi rappeler que pour nous, il n’a aucune légitimité et que son mandat a pris fin depuis le 26 mai 2021 ».

 

Il poursuit : « Je n’oserais pas dire que l’ensemble de l’opposition n’ira pas ou non au dialogue mais on a nos conditions et nos propositions », devait-il nuancer. Si dialogue il doit y avoir, le porte-parole de l’opposition exige la participation de l’Armée nationale de développement, avec laquelle l’opposition a des comptes à régler. « Si nous en sommes arrivés là, il faut remettre en cause l’intervention et le comportement de l’Armée. Donc discuter entre politiques sans l’Armée ça n’aurait aucun sens car celle-ci doit être avertie par rapport à ses missions et à ses erreurs au risque qu’aux prochaines élections tout tourne au vinaigre ».

 

A.O Yazid

 


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