La Gazette

des Comores

Dialogue national : Azali donne le coup d’envoi

Dialogue national : Azali donne le coup d’envoi © : HZK-LGDC

Par un décret signé hier 23 novembre, l’on a appris la création d’une Coordination du dialogue national.


Le processus vers le dialogue national va bon train quoique l’on aura noté que le chef de l’État a, par méprise peut-être, mis la charrue avant les bœufs en nommant un coordinateur dudit dialogue deux mois avant de créer la Coordination elle-même. Hier mercredi 24 novembre, Azali Assoumani a signé un décret portant « création, organisation et fonctionnement de la coordination du dialogue national inter-comoriens ».

 

Comme son intitulé officiel l’indique, l’acte qui vient de mettre sur pied la Coordination a pour vocation de déterminer la composition et les missions de cette dernière. L’on notera que le chef de l’État met la gent féminine au cœur dudit dialogue. En effet, pour ce qui est de l’organisation, il exige, en dehors du coordinateur bel et bien nommé, trois experts juristes dont au moins une femme, un chargé de communication, cinq experts nationaux dont au moins deux femmes spécialisées dans les sciences ou science politique, économie, environnement, développement local ou sociologie.

 

Quant aux missions, la consolidation de l'unité, de la paix et de la stabilité du pays reste le fil conducteur. Chose qui n’a pas été prise en compte au départ, Azali Assoumani a intégré les diasporas parmi les acteurs attendus à ce grand rendez-vous national. Une doléance exprimée par l’Union Africaine dans sa dernière communication sur la situation aux Comores. « Le dialogue national a pour but de faciliter les consultations à large base et inclusive et le dialogue entre toutes les parties prenantes (partis politiques, société civile, diasporas et partenaires internationaux) sur la paix, la sécurité, la stabilité ».

 

Interrogé sur ce point précis de l’intégration de la diaspora, le juriste Yhoulam Athouamni, fondateur du mouvement politique le Nouveaux Démocrates, semble rester sur sa faim. « S’il veut vraiment l'implication de la Diaspora, le président doit convaincre celle qui lui est hostile ; seule façon de prouver son combat en vue de la cohésion sociale et nationale. Parviendra-t-il ? Seule l'avenir nous le dira. Quant à moi, je reste observateur et comme vous le savez, les Nouveaux Démocrates se projettent en 2024 ».

 

Pour appel, la coalition de l’opposition est prête à participer au dialogue national mais avec des préalables et non des moindres. Elle exige le procès des prisonniers politiques à la tête desquels l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi et le gouverneur déchu d’Anjouan Abdou Salami Abdou. Le gouvernement lui, soutient qu’il n’y a pas de prisonniers politiques mais « des politiques prisonniers ». Une divergence qui ne freine pas pour autant le processus du dialogue national, le chef de l’État préférant faire preuve de flexibilité, du moins pour le moment…

 

Andjouza Abouheir

 


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