La Gazette

des Comores

Dialogue national : L’opposition n’ira pas

Dialogue national : L’opposition n’ira pas © : HZK-LGDC

L’opposition nationale a décliné l’invitation du chef de l’État en refusant de prendre part au dialogue inter-comorien.


Fin d’un faux suspens. L’opposition a dit son dernier mot : elle ne prendra pas part au dialogue inter-comorien dans son format actuel. La réponse à l’invitation du 9 septembre a été adressée à Azali Assoumani au moyen d’un courrier dont nous avons copie. « En bon seigneur, vous concédez qu’au terme de ce dialogue qu’il vous plait de convoquer, vous « accorderez une oreille attentive [aux] conseils et [aux] propositions » qui pourront vous être formulées. Quand on respecte son pays et les représentants et des divers courants de pensée, on ne parle pas d’un dialogue national appelé à dégager des « conseils » et des « propositions ». Si tel est l’esprit qui vous anime, vous êtes alors bien loin des préoccupations fortes et des exigences impérieuses du peuple comorien », a répondu la coalition de l’opposition réunie autour du Front commun des forces vives. « Le dialogue auquel les forces démocratiques de l’intérieur et de l’extérieur du pays sont prêtes à participer est celui qui engagera non le destin de telle ou telle personnalité, le destin d’un régime, mais engagera véritablement le destin du pays, de la nation et du peuple des îles Comores », ont poursuivi les signataires.

 

Dans un autre courrier remis à la délégation de l’Union africaine, l’opposition qui considère que le président Azali « n’est plus ni légal, ni légitime », revendique un « dialogue crédible » qui sera initié et supervisé par la Communauté internationale et non par le régime. Encore plus, l’opposition « n’a besoin d’aucun facilitateur comorien. Tout responsable comorien se doit de choisir un camp ». Il faut dire que les opposants à Azali risquent de parler à un mur puisque lors de son discours à la nation à l’occasion du nouvel an musulman, le 9 aout, le chef de l’État a tenu à mettre les points sur les i à ce sujet précis : « Les partenaires de la communauté internationale sont là pour nous accompagneret n’ont pas vocation à se substituer à nous, ni à régler nos problèmes internes,ni à décider à notre place ».

 

Auprès de la délégation de l’UA, l’opposition a posé comme première condition « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques ». Une revendication qui risque encore une fois de ne pas avoir une suite favorable. En effet, lors de son entretien avec le chef de l’État dans la matinée en amont de l’entretien avec les partis politiques, le chef de la délégation de l’UA aurait reçu une réponse sèche et sans équivoque de la part d’Azali Assoumani : « Aux Comores, nous n’avons pas de prisonniers politiques », a-t-on appris de source bien au fait du dossier. Autre point d’achoppement dans cette médiation, les échéances électorales de 2024. Fidèle à elle-même, l’opposition veut plutôt que le débat se focalise sur le départ d’Azali du pouvoir, car « son mandat a pris fin depuis le 26 mai 2021 ». A ce sujet, les opposants à Azali ont dû croiser le fer avec la mission de l’Union africaine qui estime que cette question n’est plus d’actualité, Azali ayant été élu en 2019 pour 5 ans à la faveur du changement de la Constitution de juillet 2018. Les principaux opposants, rappelons-le, étaient candidats à cette présidentielle anticipée.

 

Andjouza Abouheir

 


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