La Gazette

des Comores

Dialogue intercomorien « Certaines mesures prises par les autorités ont tendance à envenimer les choses »

Dialogue intercomorien  « Certaines mesures prises par les autorités ont tendance à envenimer les choses » © : HZK-LGDC

« Le refus de la demande de libération provisoire du secrétaire général du Juwa, Hassan Ahmed El-Barwane, le fait que le Conseil de l’île d’Anjouan ait été cadenassé par les forces de l’ordre, la fermeture de Radio Kaz, celle de Radio Ngazidja, ces mesures ont tendance à envenimer les tensions plutôt que de les apaiser ».


Le dialogue intercomorien initié par le Haut représentant de l’Union africaine, Ramtane Lamamra le 13 septembre a repris ce mardi 25. Désormais, le Cadre Permanent de Concertation sera coprésidé par Moustoifa Said Cheikh, représentant de l’opposition et par Sounhadj Athoumane, de la mouvance présidentielle. Youssouf Boina chef de la délégation de l’opposition a déroulé le menu des discussions. « D’entrée de jeu, la question de la représentativité de la société civile a été abordée, il se trouve que la mouvance présidentielle conteste la présence de Nadia Tourqui et Mr Bounou, au prétexte qu’ils seraient affiliés à l’opposition, ce qui est faux ; le Haut représentant de l’Union africaine, Ramtane Lamamra nous avait imposés un schéma d’une opposition par rapport au projet de réforme constitutionnelle, la mouvance présidentielle la soutient et la société civile, tout à fait par hasard s’est retrouvée de notre côté », a-t-il longuement expliqué. Et d’ajouter « que la délégation de l’opposition contestait cette façon de faire, arguant que la société civile était une entité à part entière, qui a son autonomie et une vision qui n’est pas forcément la nôtre, elle devrait être pleinement représentée dans ce dialogue ».

 

Malgré le soutien affiché de l’opposition pour la présence de la société civile dans la poursuite des travaux, elle a préféré prendre la porte. A cela, Youssouf Boina a déclaré « que la mouvance présidentielle a exigé que la représentation de la société civile soit plurielle, donc des membres qui se reconnaitraient du pouvoir ». Après la question relative à la présence de la société civile dans les discussions, celle liée aux mesures d’apaisement a été mise sur la table. « Nous avons été un peu menés en bateau par le président parce que nous nous étions mis d’accord sur l’application immédiate de ces mesures et il n’en est rien », a regretté le secrétaire général de l’Updc. Et d’affirmer que « des discussions avaient été engagées entre le chef de l’Etat et le chef de file de l’opposition allant dans ce sens, nous ne nous attendions pas à ce qu’il parte en voyage à l’étranger sans avoir au préalable donné des directives».

 

Il faut rappeler que parmi les mesures d’apaisement voulues par l’opposition, figure la libération des détenus politiques. Le secrétaire général du Juwa, Hassan Ahmed El-Barwane, a vu sa demande de libération provisoire rejetée le 24 septembre. « Cela fait partie des éléments que nous cherchions à faire valoir dans nos discussions, pour prouver cette mauvaise foi, il n’y a pas que le cas Barwane, il y a aussi le fait que le Conseil de l’île d’Anjouan ait été cadenassé par les forces de l’ordre, la fermeture de Radio Kaz, ces mesures ont tendance à envenimer les tensions plutôt que de les apaiser » s’est étonné Youssouf Boina.

 

Outre les mesures d’apaisement, l’autonomie des îles et la tournante font partie des points à aborder dans ce dialogue. Pour autant, loin de se décourager «l’opposition dit faire valoir sa bonne foi dans la poursuite de ce dialogue et il y va de l’intérêt du pays tout entier que le dialogue puisse réellement s’instaurer ». Pour rappel, l’ordre du jour du dialogue intercomorien était composé de 4 points inscrits à l’ordre du jour consensuellement : mesures d’apaisement et d’assainissement du climat politique, cadre permanent de concertation et de dialogue entre les parties comoriennes, promotion des principes d’autonomie des Iles et de la Tournante, et les perspectives politiques et institutionnelles. Jusqu’ici, seules les mesures d’apaisement ont réellement fait l’objet de discussions, depuis l’ouverture du dialogue le 13 septembre. S’y est ajoutée, la présence la société civile lors des travaux.

 

Faïza Soulé Youssouf

 

 


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