Le dialogue intercomorien, initié par le Haut représentant de l’Union africaine, Ramtane Lamamra entre toutes les parties prenantes de la vie politique comorienne est aujourd’hui rompu pour divergences profondes entre la mouvance présidentielle et l’opposition. Mais s’il venait à reprendre, le procureur de la république de Moroni, Mohamed Abdou, tient à apporter quelques éclaircissements, au sujet notamment des mesures d’apaisement et parmi elles, la libération des détenus que d’aucuns qualifient « de politique ».
Le procureur de la république de Moroni, Mohamed Abdou, a tenu à saluer le dialogue qui a été initié par l’entremise de l’émissaire de l’organisation panafricaine. Pour autant, en ce qui concerne la libération «des détenus politiques », prônée par l’opposition «comme préalable au dialogue », il a tenu à mettre les choses au point. «Les politiques, de quelque bord qu’ils soient, doivent prendre des engagements en ce qui les concernent », a-t-il fait savoir. «Mon terrain relève du judiciaire et nous ne recevrons aucune injonction, qu’elle émane du gouvernement ou du camp opposé », a-t-il martelé.
Il a mis en exergue « l’indépendance des juges » et in fine de l’appareil judiciaire. «L’indépendance de la justice est garantie par la Constitution, il ne faut pas que les Comoriens se méprennent, les conditions préalables posées par des leaders ne peuvent pas concerner des affaires dont les instructions sont en cours, liées à des faits constitutifs d’infractions pénales», a longuement expliqué le parquetier. Ce qui peut-être fait, à l’en croire, et qui pourrait être perçu comme un apport au dialogue intercomorien, c’est d’accélérer les procédures « tout en restant efficaces ».
A la question d’un journaliste qui a demandé si la grâce présidentielle ne pouvait pas être obtenue pour certains prisonniers, le procureur de la république a répondu : « pour cela, il faudrait qu’il y ait un jugement ». Il a cependant tenu à préciser que pour les dossiers en cours, «si un juge d’instruction pensent que certains détenus sont ‘libérables’, il ne faudrait pas que l’opinion publique se méprenne et croit que cette libération serait imputable ‘aux mesures d’apaisement".
Plusieurs leaders politiques sont aujourd’hui en prison, soit dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds de la citoyenneté économique ou dans celle relative à la mutilation du gendarme, survenue le 30 juillet dans un bureau de vote dans un quartier de la capitale, le jour du référendum. L’opposition crie à la purge, le pouvoir hurle que non.
Faïza Soulé Youssouf
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