Le Conseil de l'île d'Anjouan est cadenassé depuis dimanche et gardé par la police. Interrogé par La Gazette, le vice-président de l’Union de l’Opposition se dit étonné d'une telle mesure et avoue douter de la sincérité du gouvernement sur le dialogue intercomorien.
Dimanche dans la soirée, le Conseil de l’ile autonome d’Anjouan a été cadenassé par des éléments de la police nationale. Les conseillers qui devaient reprendre hier lundi leurs travaux sont depuis, interdits d'accès. Interrogé sur cette situation, le vice-président de l’Union de l’Opposition, Mouigni Baraka Said Soilih se dit étonné d’une telle décision et ne pas comprendre l’attitude des autorités de l’Etat. « On a eu une mission il y’a une semaine et un cadre de concertation a été mis en place. Parmi les 4 points figure l’autonomie des îles et la présidence tournante. Et aujourd’hui, alors même que le dialogue n'a pas encore commencé, ils commencent à agir autrement », lance Mouigni Baraka Said Soilih.
Il confiera avoir du mal à cerner les motivations des agissements du gouvernement et avouera commencer à douter de la sincérité du pouvoir. « Le président de la République nous a reçus et veut qu’on trouve ensemble une solution à la crise qui frappe le pays. Et derrière, il continue de faire ce qu’ils ont commencé. Est-ce qu’il y a la moindre sincérité dans tout ça ? J'en doute réellement ».
Sur la question de l’autonomie des îles, l’ancien gouverneur reste convaincu qu’elle est garantie par les accords de Fomboni. « On ne peut pas imaginer qu’une Constitution, qui n'a même pas été votée par la population, vienne balayer l’autonomie des îles d’un coup. On ne peut pas l’accepter... C’est pour cette raison que nous l'avons inscrit sur les 4 points du cadre de concertation », indique Mouigni Baraka Said Soilih.
Les travaux du dialogue comorien doivent commencer ce mardi. Pour rappel, dès son arrivée dans le pays, l’émissaire de l’Union Africaine a rencontré les différentes parties de l'échiquier politique du pays, ceci dans le but de dénouer la crise politique qui secoue les Comores depuis plusieurs mois. Dans cette optique, l’ordre du jour a été discuté de façon consensuelle et portait sur plusieurs questions notamment « le respect du droit de manifester, de réunion et d’expression et de la liberté de presse écrite et radio mais aussi les autonomies des îles et le respect de la présidence tournante ».
Mohamed Youssouf
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