La Gazette

des Comores

Dialogue inter-comoriens / La société civile remet en cause le format des négociations

Dialogue inter-comoriens / La société civile remet en cause le format des négociations © : HZK-LGDC

Jeudi dernier, les échanges autour du dialogue inter-comoriens ont pris fin. En attendant les conclusions, un communiqué de la société civile a été publié et remet en cause le caractère inclusif du dialogue et le format des négociations mis en place avec la facilitation de l’Union africaine. « La situation conflictuelle qui a prévalu ces derniers jours à Anjouan nous interpelle », peut-on lire sur le communiqué.


5 jours après la fermeture officielle des travaux relatifs au dialogue inter-comorien, la société civile vient de sortir un communiqué qui remet en cause ce dialogue, qui a démarré le 14 septembre 2018 et a été suspendu suite au retrait de l’Union de l’opposition de la table des négociations au motif que ses revendications ne sont pas prises en considération par le gouvernement, le 2 octobre dernier. La société civile dans ce communiqué regrette que malgré son absence et celle de l’Union de l’opposition au dialogue, la délégation de la mouvance présidentielle persiste à poursuivre les discussions avec des nouveaux partis dits d’opposition qui n’étaient pas présents au début du processus.

 

« Les partis représentent plus de 60% des électeurs comoriens et l’arrivée de nouveaux partis d’opposition acquis au pouvoir et qui ne sont pas reconnus par la loi sur les partis politiques » fausse la donne à les en croire. La société civile remet en cause le caractère inclusif du dialogue et le format des négociations, mis en place avec la facilitation de l’Union africaine. Sur la situation conflictuelle qui a prévalu ces derniers jours à Anjouan, elle interpelle toutes les parties prenantes sur la gravité de la situation. Les affrontements entre l’armée et les insurgés font état de morts et de plusieurs blessés graves. La présence d’armes aux mains de civils remet en cause la cohésion sociale et la paix dans le pays.

 

« Il est urgent d’établir les faits et d’y remédier de manière indépendante afin de rétablir la vérité sur les responsabilités des auteurs des exactions dans l’île », avant que la situation ne dégénère et ne débouche sur une crise séparatiste comme nous l’avons vécue en 1997. Dans cette optique, la société civile recommande 10 points parmi lesquels l’urgence d’établir une commission d’enquête indépendante composée des autorités comoriennes, de la SADEC, de l’ONU et de l’Union Africaine pour déterminer les responsabilités des évènements criminels d’Anjouan et suspendre le dialogue inter-comorien en vue de trouver une solution pérenne à la participation de l’Union de l’opposition.

 

Elle appelle donc.l’Union de l’opposition et la mouvance présidentielle à « dépasser leurs clivages politiques dans l’intérêt supérieur de la nation » et appelle les parties au dialogue à clarifier les mesures d’apaisement et vérifier leur mise en œuvre. Elle exige l’indépendance de l’organe du dialogue, afin qu’elle soit pleinement souveraine dans sa prise de décision et qu’elle n’ait de recours autre que ses membres mais aussi, réitère la nécessité d’avoir dans le dialogue, un médiateur international et réclame un cadre de résolution de la crise institutionnelle avec tous les acteurs (opposition, gouvernement, gouvernorats des îles, société civile) avec la participation d’une médiation internationale.

 

« Nous réclamons un retour à l’ordre constitutionnel d’avant le 12 avril 2018 et prônons la mise en place d’un dialogue pour redéfinir le contenu du projet de réforme constitutionnel », peut-on lire sur le communiqué qui exige un audit du fichier électoral, établi de manière transparente. La société civile exige également l’arrêt de toute initiative propre à apporter des modifications intempestives du cadre législatif avant la fin du dialogue.

 

Ibnou M. Abdou

 


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