Des éléments du GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale) ont interpellé hier en fin d’après-midi six personnes du parti Juwa et procédé à la fermeture du bâtiment abritant le siège du parti. A l’heure où nous mettions sous presse, le motif était toujours inconnu.
Une série d'arrestations sans motif clair et des perquisitions régulières. Le parti Juwa subit l’affront régulier du régime. Après le secrétaire général, Ahmed Hassane El-Barwane et d’autres membres du parti de l’ancien Rais Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, hier six membres du principal parti d'opposition ont été interpellés et placés en garde à vue dans les locaux du ministère de l’Intérieur.
« Nous ne savons pas ce qui se passe et ne comprenons pas non plus ce qu’on nous veut », regrette Ismaila Msaidié, coordinateur du Juwa à Ngazidja. Pour ce conseiller insulaire du Ngouwéngwé, les pratiques du régime effraient la population. « Sommes-nous dans un Etat démocratique ou dans une jungle où règne la loi du plus fort ? ». Interrogé par La Gazette des Comores, Mohamed Msaidie et Ismaila Msaidie, respectivement député Moroni Sud et conseiller du Ngouwéngwé, regrettent le sort que subit aujourd’hui leur parti.
Ils affirment chacun à part qu’aucune note n’a été envoyée au parti pour leur interdire l'ouverture de leur siège. « S’il s’agit de l’affaire Ali Radjabou, le procureur a saisi un juge d’instruction et dans ce cas, les arrestations ne doivent pas tomber comme des gouttes d’eau. C’est au juge d’instruction d’installer une commission rogatoire pour plus de précision sur l’enquête », explique Mohamed Msaidie.
Ce dernier persiste à clamer l'innocence du Juwa qui n’a « ni fomenté ni commandité » aucun coup. « Le Juwa est un parti du peuple, ils peuvent tout faire, le parti lui, aura toujours ses forces », a-t-il lancé. Parmi les six personnes arrêtées, la secrétaire permanente du parti. « S’il y a des gens qui ne sont pas contents du Juwa et de la politique nationale qu’il mène, ils ne peuvent pas nous faire taire », a lancé Mohamed Msaidie pour qui un parti qui doit survivre dans la clandestinité devient audacieux, plus que d’autres.
« Nous voulons que la justice soit respectée, que les bavures cessent, que les enquêtes se poursuivent dans le respect des procédures pour que les vrais coupables paient de leurs actes, martèle le député de Moroni Sud. Mais que l’on ne vienne pas fermer un QG et prendre des gens pour aller les enfermer pour rien! ». A l’heure où nous mettions sous presse, La Gazette des Comores a tenté de contacter le ministre de l’Intérieur, en vain.
A.O Yazid
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