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des Comores

Crise à Mayotte / La tension reste vive entre Moroni et Paris

Crise à Mayotte  / La tension reste vive entre Moroni et Paris © : HZK-LGDC

L'ambassade de France à Moroni a-t-elle cédé face aux injonctions du député de Mayotte Mansour Kamardine qui a demandé à la France de suspendre la délivrance des visas par mesure de représailles, contre le refus de Moroni d’accueillir les refoulés de Mayotte ? Tout pourrait le laisser croire, si l'on tient compte des propos du directeur général de l'économie.


Il a fallu des propos du directeur général de l'économie publiés dans les réseaux sociaux, pour relancer la polémique sur la suspension de la délivrance des visas, comme mesure de rétorsion contre le refus des autorités comoriennes d'accueillir les refoulés de Mayotte. Abdou Nassure qui a dénoncé « une volonté délibérée pour la France de saboter le processus d'adhésion de notre pays à l'Omc, suite à ce qu'il considère comme du blocage volontaire par l'ambassade de France à Moroni d'une partie des membres de la délégation devant prendre part aux travaux de la 4ème réunion du groupe de travail, pour l'accession des Comores à l'Omc ».

 

A l'en croire, les portes de l'espace Schengen leur semblent fermées même à travers des pays voisins où les Comores ont des représentations permanentes comme la Tanzanie ou l’Éthiopie. « Aucune issue ne sera trouvée, selon une source sur place », s'est-il plaint. Et de poursuivre : « nous condamnons avec la plus grande énergie cette attitude de la France qui date de l'ancienne époque et dénonçons des pratiques indignes d'une grande démocratie et qui ne favorisent pas l'amitié et la fraternité séculaires qui lient nos deux peuples ».  

 

Au ministère des affaires étrangères on nous fait savoir qu'ils ont été informés verbalement par les autorités consulaires qu'il y a un « problème de machines » qui ont conduit au retentissement du service de délivrance des visas, et non des mesures répressives. « S'il y a quelque chose derrière cela, nous ne sommes pas en mesure de vous dire, si ce n'est ce qu'on nous a verbalement notifié », précise notre source.

 

Même propos mesurés à la vice-présidence en charge de l'économie où l'on ne parle pas d'un refus des autorités consulaires mais plutôt d'une procédure qui serait tardivement engagée par le même directeur de l'économie. « Si l'ambassade voulait boycotter, elle allait bloquer Said Abdou Salim, Ibrahim Mohamed Soulé et Abasse Mohamed qui constituent le noyau des négociations », a-t-on fait savoir, précisant que cinq sur huit personnes devant former la délégation sont déjà parties pour la Suisse où devait se tenir la réunion.

 

A noter que la tension n’est toujours pas retombée entre Moroni et Paris depuis la décision du gouvernement comorien contre tout reconduite aux ports et aéroports. Pour rappel, les autorités comoriennes ont sorti une note circulaire interdisant les compagnies aériennes et maritimes de faire embarquer des refoulés de Mayotte. Face à la polémique sur une rétractation supposée du gouvernement comorien, le ministre de l'intérieur avait déclaré que la circulaire est toujours en vigueur. Ce qui a conduit les autorités françaises par un communiqué du porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, à réagir en demandant au gouvernement comorien de « lever les restrictions à la circulation des personnes ». Une mesure qui devait contribuer à la « désescalade des tensions » entre Mayotte et le reste des trois îles.

 

                   

 


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