Le procureur de la République s’est exprimé devant la presse hier suite aux évènements marquants qui ont eu lieu à Anjouan. Pour Mohamed Abdou, commissaire du Gouvernement auprès de la cour de sûreté de l’Etat, la justice retiendra sept chefs d’inculpation contre les assaillants de la Médina dont port d’armes illégales, trouble à l’ordre public, meurtre, coups et blessures volontaires, entrave à la circulation et incitation à la violence. Une enquête préliminaire qui, à l’ouverture de l’information judiciaire, pourrait révéler d’autres chefs d’inculpations.
« Lundi 15 octobre dernier, des assaillants ont pris d’assaut la ville de Mutsamudu », a lancé le procureur de la République et haut-commissaire du Gouvernement auprès de la cour de sûreté de l’Etat devant la presse. Des actes graves qui ont poussé à la déstabilisation du pays notamment en portant atteinte à la sécurité nationale. Se promettant de ne pas revenir sur les faits « terroristes », le procureur de la République a dit qu’actuellement, six personnes dont le Gouverneur de l’Île d’Anjouan et le secrétaire général du Gouvernorat d’Anjouan ont été interpellées. Quatre parmi eux ont été placés en garde à vue par les forces de l’ordre.
« Actuellement, nous avons quatre civils placés en garde à vue. Il y’a aussi des autorités soupçonnées d’être les commanditaires dont le Gouverneur Salami mais il est sécurisé dans sa résidence », a déclaré Mohamed Abdou. L'évolution de l’enquête devrait pousser les autorités compétentes à prendre les mesures appropriées. « Nous avons trouvé des preuves qui confirment ce qui devait être organisé à Anjouan. Nous avons saisi trois Kalashnikovs AK47, 599 cartouches, six obus, des munitions d’une arme de 29mm, des charges explosives, des détonateurs et les cordons », détaille le procureur de la République qui laisse entendre que les insurgés ont voulu "miner les ponts aux alentours de la vielle ville" pour empêcher l’intervention des forces de l’ordre.
Des sanctions sont nécessaires. « En tant que commissaire du Gouvernement, j’affirme que le Gouverneur d’Anjouan a pris part, si ce n’est pas lui qui a commandité, à ces actes », affirme Mohamed Abdou qui précise que Salami sera jugé comme les textes le stipulent. Malgré qu'il soit un élu de la Nation, le procureur dira de lui qu'« il n’a pas d’immunité diplomatique ». Mohamed Abdou invite les « juristes » à lire la constitution et la loi fondamentale de l’Île d’Anjouan, ajoutant que ce jugement est nécessaire « d’autant plus qu’il est pris en flagrant délit ».
Devant la presse, le procureur de la République qui s’exprimait en tant que haut-commissaire du Gouvernement auprès de la cour de sûreté l’Etat, a affirmé que« ces assaillants seront déférés devant un juge d’instruction de la cour de sûreté de l’Etat » donc sous les ordres du haut-commissaire à Anjouan. Pour finir, le procureur a rappelé que les évènements qui ont lieu à Anjouan du 15 au 20 octobre dernier ont fait deux morts, originaires de Sima, et quatre blessés dont deux militaires et deux civils, tous "hors de danger". Le Procureur de la République explique qu’il s’agit d’infractions et de crimes qui sont connexes, raisons pour lesquelles l’intervention de la cour de sûreté de l’Etat est nécessaire.
« J’ai une double fonction. Je suis commissaire du Gouvernement auprès d’une cour spéciale qui est celle de la sûreté de l’Etat donc je suis compétent sur tout le territoire national », a-t-il expliqué. Pour finir, Mohamed Abdou a fait savoir que tout ce qui doit être jugé par cette cour « spéciale » relève de ses compétences. Il laisse entendre qu’il s’agit là de faits portant atteintes à la stabilité et la sécurité du pays et non d’un simple crime qui a lieu sur une Île.
A.O Yazid
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