La Gazette

des Comores

Crise sociale à Mayotte / Le ministre de l'intérieur dénonce la stigmatisation

Crise sociale à Mayotte / Le ministre de l'intérieur dénonce la stigmatisation © : HZK-LGDC

Le ministre de l'intérieur, Mohamed Daoudou s'est exprimé hier matin sur la situation à Mayotte. Le premier flic du pays qui dénonce ce qu'il qualifie d’extrême violence importée d'ailleurs et appelle à la retenu et au retour au calme.


Les autorités comoriennes décident de sortir du silence sur la situation qui prévaut dans l'île de Mayotte. Dans une déclaration faite devant les médias par le ministre de l'intérieur à la sortie d'une réunion avec les responsables de la sécurité du pays, Mohamed Daoudou déplore la tournure des événements dans cette île comorienne sous administration française, en proie à une explosion de violence ces derniers jours.

 

« Nous regrettons ce qui se passe à Mayotte. C'est pour cela que nous appelons au calme et au retour de la stabilité », a-t-il déclaré. Le ministre de l'intérieur assure que les autorités comoriennes suivent avec attention ce qui se passe dans cette île. « La sécurité des comoriens nous interpelle beaucoup, Mayotte étant une île comorienne », a-t-il dit. Il condamne la stigmatisation dont les comoriens des autres îles sont victimes et rejette les actes de barbarie contre des ressortissants étrangers. « Le mode opératoire de la violence nous fait comprendre qu'il est importé de certains pays africains. N'oublions pas qu'il y a peu nous avons interpellé une cinquantaine de personnes d'origine africaine rentrés illégalement en territoire comorien », a-t-il fait savoir, déplorant de nouveau la monté de la violence.

 

« Nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans cette île. Nous avons d'ailleurs saisi le ministère des affaires étrangères pour que nous puissions voir clair dans cette situation », a-t-il fait savoir, ajoutant que les mesures de sécurité vont être renforcées.

 

Depuis, le 18 février Mayotte est secouée par un mouvement de contestation sans précédent. L'île est paralysée depuis de deux semaines, par des barrages dressés et des activités économiques qui tournent au ralenti. Le déplacement de la ministre français de l’Outre-mer ce lundi n'a pas permis d'endiguer le mouvement. En vain pour l’instant. Durant la rentrée des classes hier, seulement 110 écoles sur 180 étaient ouvertes selon la ministre, et des barrages continuaient de paralyser l’île.

 

Annick Girardin a annoncé une série de mesures pour tenter de désamorcer le mouvement de contestation qui agite l'île. Au cours d'une conférence de presse, elle a notamment confirmé le maintien sur le territoire, jusqu'à la fin de l'année scolaire, de 60 gendarmes supplémentaires de l'escadron de gendarmes mobiles arrivé en renfort début mars. De son côté, le demi-escadron de gendarmes mobiles affecté au renfort de la gendarmerie départementale depuis 2016 est pérennisé, tandis qu'une brigade de gendarmerie nationale est créée à Koungou. Les effectifs de la réserve territoriale de la gendarmerie, forts actuellement de 60 réservistes, sont augmentés de 50 %.

 

 

                          


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