La Gazette

des Comores

Crise politique / Qui pour être à la tête d’Anjouan ?

Crise politique / Qui pour être à la tête d’Anjouan ? © : HZK-LGDC

Depuis quelques jours, dans les milieux autorisés et sur les réseaux sociaux, circule un nom : Abdallah Mohamed, directeur de cabinet de Salami. Celui-ci est vu comme le très probable intérimaire du gouverneur d’Anjouan, placé en détention provisoire. Problème, la loi fondamentale prévoit, en cas d’empêchement définitif du gouverneur, que l’intérim soit assuré par le secrétaire général du gouvernorat. Celui-ci, pourrait à son tour être empêché.


Anjouan est privé de son gouverneur élu depuis que Abdou Salami Abdou est sous le coup d’une mise en détention provisoire, intervenue le 25 octobre dernier. Il est inculpé pour atteinte à l’unité nationale, participation à un mouvement insurrectionnel, complicité de meurtre, rébellion, port illégal d’arme et trouble à la sécurité publique à la suite des affrontements ayant opposé insurgés armés et militaires dans la médina de Mutsamudu, il y a près de deux semaines. Celui-ci, sentant sans doute l’étau se resserrer autour de lui, il a nommé un nouveau secrétaire général du gouvernorat le 20 octobre, Mohamed Soalihy. Nomination d’une importance capitale dans la mesure où c’est le Sgg, qui selon la loi fondamentale, assure l’intérim du premier magistrat de l’île en cas d’empêchement définitif.

 

Par cette nomination, Salami voulait s’assurer qu’il y aura un partisan pur jus du parti Juwa à la tête d’Anjouan si jamais il était définitivement empêché. Son scénario risque d’être mis à mal. Depuis quelques jours, on cite Abdallah Mohamed, actuel directeur de cabinet du gouverneur comme probable successeur de Salami. Dans les milieux autorisés, sur les réseaux sociaux, son nom circule. Sauf que celui-ci, jusqu’au 20 octobre dernier, était secrétaire général du gouvernorat d’Anjouan. Ce n’est sans doute pas pour rien que Salami, l’a remplacé, in extremis au cours du mini remaniement.

 

Abdallah Mohamed est connu pour être un technicien, un homme de culture. Il est tout aussi connu pour avoir baigné dans les milieux séparatistes et d’en avoir été l’idéologue. Mais surtout, il n’est pas un partisan du Juwa. Ce n’est pas un Sambiste. Le gouvernement central (et cela tombe sous le sens) préférerait Abdallah Mohamed à Mohamed Soalihy. Celui-ci pourrait être empêché à son tour dans les jours à venir. Le procureur avait annoncé la semaine dernière qu’il allait être poursuivi pour complicité. Un très probable passage à la crise prison qui priverait l’île d’Anjouan d’un chef de l’exécutif.

 

En effet, la loi fondamentale n’a pas prévu de cas d’empêchement définitif et du gouverneur et de celui qui est chargé d’assurer son intérim. Imbroglio juridique qui fait cogiter en haut lieu. Certaines sources affirment même qu’il est question d’introduire un recours à la Cour suprême pour casser le dernier arrêté de Salami. « Celle-ci serait réticente, l’arrêté ne présentant aucun vice, ni de fond ni de forme », fait-on entendre. Dans la dernière interview accordée par le gouverneur Salami à La Gazette des Comores, laquelle a été publiée le 22 octobre, à la question de savoir s’il était au courant que le gouvernement central s’apprêtait à nommer un administrateur de l’île d’Anjouan, celui-ci avait répondu : « il y a une loi qui régit ce pays, c’est inimaginable, à mon sens, que le pouvoir central puisse nommer un administrateur pour me remplacer. C’est un scénario qui ne tient pas ». Pas si sûr monsieur le gouverneur.

 

Fsy

 


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