Le gouverneur de l’île de Ngazidja condamne avec fermeté la mise en résidence surveillée du chef de l’exécutif de Ndzuani. Selon lui, une telle procédure n'est que l'aboutissement de cette logique de suppression de l'autonomie des îles. Il condamne les actes de violences qu'a subi la population de Mutsamudu et présente ses condoléances aux familles endeuillées.
Le premier magistrat de l’île de Ngazidja n'a pas pour habitude de faire des déclarations. Mais son silence de ces derniers jours en a étonné plus d'un au vu de l'actualité sociopolitique. Hassani Hamadi a convié la presse hier en fin d’après midi pour faire un tour d'horizon sur les événements qui se sont déroulés à Mutsamudu et qui ont conduit à la mise en résidence surveillée du gouverneur Salami Abdou. Hassani Hamadi demande sa libération «inconditionnelle » en attendant que la justice fasse son travail en « toute indépendance ».
Dr Salami Abdou a le droit de bénéficier, comme tout citoyen, de la présomption d'innocence, lit-on dans un communiqué de presse de ce mardi. Depuis la tenue du référendum controversé du 30 juillet dernier, le pays connaît un climat politique instable. Des leaders politiques, des écrivains et des civils sont emprisonnés. Hassani Hamadi se dit particulièrement « préoccupé par la situation politique actuelle » caractérisée selon lui par « la suppression des libertés fondamentales, des arrestations arbitraires ainsi que la déstabilisation des institutions insulaires ».
Le référendum est le résultat des Assises Nationales que ce même Hassani Hamadi a soutenu. Et pourtant il déclare qu'en aucun cas, il ne va écourter son mandat pour des élections anticipées. « Les wangazidja m'ont élu pour 5 ans, il n'est pas question que je fasse autrement ». Pas d’élections présidentielles non plus avant 2021. A l'en croire, il a participé aux Assises en espérant que ce serait un point de départ pour un vrai changement. Mais il a constaté que ces dernières prenaient une toute autre forme. Pourtant il n'avait toujours pas pris ses distances ni avec la Mouvance ni avec Azali.
Contrairement aux deux autres Gouverneurs, de Mwali et Anjouan, celui de Ngazidja n'a pas fait un choix entre opposition et Mouvance présidentielle. Mais ses convictions s’apparentent beaucoup plus à celles de l'opposition. En effet, il rejette le référendum de juillet dernier et demande le rétablissement de l'ordre constitutionnel. L'on se rappelle de sa sortie spectaculaire avec le vice président Djaffar Ahmed Said Hassane au palais de Mrodjou. Hassani Hamadi n'a tout de même pas rejoint l'opposition. Plutôt, il a crée le mouvement Amani ya Comores qui « œuvre pour la paix ».
Pour revenir aux affrontements qui ont eu lieu à Anjouan, le gouverneur de Ngazidja affirme que c'est le résultat du non respect des institutions ; donc des accords de Fomboni, qui préconisent un règlement des différends par le dialogue et non par les armes. Hassani Hamadi enfin, demande à ce qu'un dialogue inter-comoriens soit organisé en présence de la communauté internationale.
Binti Mhadjou
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