Des conseillers de l’île d’Anjouan se retrouvent encore à Moroni. Cette fois, ils demandent à la cour constitutionnelle de donner le vrai nom du gouverneur de l’île autonome de Ndzuani mais aussi d’annuler l’arrêté du gouverneur convoquant une session extraordinaire à 3h du matin.
Trois conseillers de l’île autonome de Ndzouani se sont présentés samedi dernier devant la presse nationale. Cette fois, ils ont évoqué l’identité du gouverneur de l’île d’Anjouan. Selon ces conseillers, l’île d’Anjouan est dirigée par deux gouverneurs. Le premier s’appelle Salami Abdou et le second Abdou Salami Abdou. Ils demandent aujourd’hui à la haute cour de donner le nom officiel du gouverneur de l’île d’Anjouan.
« Sur le budget qui a été renvoyé, le gouverneur nous a remis le projet et portait le nom de Salami Abdou et sur un autre projet de coopération, il porte le nom de Abdou Salami Abdou. Une île ne peut pas être dirigée par deux noms différents. Aujourd’hui, nous voulons savoir le vrai nom du gouverneur d’Anjouan », déclare Rakib Ahmed Abdallah, un conseiller de l’île, avant d’ajouter que « si le budget 2017 a été rejeté c’est parce qu’il y avait vice de forme et le nom reste la principale raison ».
Ces conseillers vont déposer devant la cour constitutionnelle une requête demandant l’annulation de l’arrêté du gouverneur convoquant une session extraordinaire pour valider le budget. « Il était 3 heures du matin quand les neuf autres conseillers ont tenu leur session et validé le budget. Et c’est vraiment regrettable ce qu’a fait le gouverneur », poursuit-il. Dans cette même lancée, une marche pacifique avaient eu lieu en début du mois de mars avec la participation de 17 maires et 9 conseillers pour dire non. « Aujourd’hui, c’est la confusion. On n’arrive plus à distinguer le technique du politique. Le gouverneur fait ce qu’il veut sans respecter les textes et nous sommes loin de l’accepter », avance Said Ahmed Sidi, président de la commission des finances du conseil de l’île.
Un autre point inquiétant de cette situation à Anjouan, le conseil de l’île risque de se diviser en deux. 9 conseillers pro-Salami contre les 9 autres de l’opposition. « Si aujourd’hui, le conseil de l’île d’Anjouan est divisé en deux clans, on n’est pas loin du séparatisme. Et c’est ce qu’on veut à tout prix éviter », martèle-t-il. Et lui d’ajouter « si le gouverneur n’aime pas son île, qu’il rende son tablier. Mais on n’est pas prêt à une déstabilisation de notre pays ». Pour rappel, c’est la deuxième fois en l’espace d’un mois que des conseillers de l’île d’Anjouan viennent se plaindre à Moroni de la gouvernance de Salami Abou. Ils appellent encore le pouvoir central à prendre ses responsabilités.
Mohamed Youssouf
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