Le Conseil National de Transition demande que le 26 mai prochain soit une journée nationale « île morte ». L'annonce est faite hier à Ntsoudjini, au cours d'une conférence de presse transformée par la suite en meeting par les discours et les applaudissements de la foule venue en masse.
Devant une foule nombreuse venue au foyer de Ntsoudjini, le Conseil National de Transition demande à la population de boycotter la cérémonie d’investiture prévue le dimanche prochain. « Je sais que certains membres du gouvernement vont certainement amener de l’argent et des voitures pour vous embarquer vers la cérémonie. N'acceptez pas », demande Ibrahim Abdourazak dit Razida. Pour lui, le seul moyen de montrer que tout le monde est contre la réélection du président Azali Assoumani est de rester dans leurs foyers. « Le 26 mai prochain, il ne va pas y avoir une cérémonie mais plutôt un pique-nique d'un groupuscule », montre à son tour Mouigni Braka, qui parle en tant que président du conseil. Le boycott de la cérémonie d'investiture est, pour cet ancien gouverneur de l'ile de Ngazidja, la seule manière de monter au monde entier que « nous sommes contre sa réélection du 24 mars dernier ».
Youssouf Mohamed Boina, l’un des candidats au poste de gouverneur dernier propose aux Comoriens de profiter du mois béni de Ramadan pour prier pour le départ d’Azali. Ce chef religieux politicien propose que chaque comorien notamment ceux qui sont contre la réélection d'Azali prenne une heure chaque nuit et se prosterne pour demander le départ du président de la République. « Si on le fait, j'en suis sûr nos prières seront exaucées », affirme t-il avant d'ajouter que « d’ici la fin du Ramadan, Azali va dégager doucement ».
Au nom du bureau exécutif du CNT, Me Mahamoud Ahamada continue de rejeter les élections du 24 mars dernier. Et selon lui, il n’y a pas eu vote. « Les Comoriens étaient empêchés de parler, ou dire ce qu’il pensent. C’est pourquoi, ceux qui sont à l'extérieur usent de cette liberté pour montrer leur mécontentement, et prouver que la population remet en cause la légitimité d'Azali», dit-il. « D ailleurs ajoute-t-il, ce même jour, nous avions signifié à la communauté internationale qu’aucun d’entre nous ne reconnaîtrait ces élections. Si 11 sur 13 ne reconnaissent pas Azali, cela est significatif ». Interrogé sur la position de Soilih Mohamed alias Campagnard par rapport au CNT, Mouigni Baraka affirme que les membres du CNT ont pris note du communiquée. « Mais ce qui est sûr, les proches, amis et sympathisants de Campagnard sont avec nous. Donc, chacun de nous peut se donner son interprétation », rajoute-t-il.
Par rapport à l'éventuel dialogue entre le pouvoir et l'opposition, le président du CNT rejette tout dialogue sans la communauté internationale. « On est fatigué. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Azali appelle à un dialogue mais il fait ce qu'il veut le lendemain. Dans cette démarche, cela ne sert à rien de dialoguer », conclut-il.
Ibnou M. Abdou
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