L'alliance de l'opposition, dans un entretien avec la presse hier, a dit son inquiétude face aux dérives du gouvernement sur la question de l'état de droit. Assises nationales ou encore la question de Mayotte figurent parmi les points abordés par l'opposition qui fustige le gouvernement d'Azali, lui rappelant la primauté du droit.
L’alliance de l’opposition a fait une énième sortie médiatique sur la situation qui prévaut aux Comores. Dans un entretien avec la presse, hier lundi, elle alerte l’opinion publique sur les atteintes graves à l’état de droit, parlant de "menace sur l’unité nationale".
« L’heure est grave. Les règles de l’état de droit ne sont pas respectées, et sont de plus en plus remises en cause. C'est vraiment préoccupant. L'unité nationale est remise en cause par les décisions prises par le président de la République », a regretté Youssouf Said Soilih, porte-parole de l’alliance de l’opposition. Les opposants au pouvoir reprochent au gouvernement d'Azali Assoumani de bafouer l'état de droit.
La question de Mayotte était également au centre des discussions. Il y a deux semaines, une délégation française, à Moroni dans le cadre de la 6e commission mixte France-Comores, comptait un élu mahorais. Un fait qui n'a pas échappé au Comité Maore qui avait aussitôt dénoncé ce fait. Un avis que semblent partager les opposants au pouvoir qui regrettent l'inaction des autorités sur ce point.
« Le président Azali a cassé, dès 2005, l’atmosphère qui prévalait à l’époque sur cette question et qui faisait que personne n’osait prendre une décision qui intégrait Mayotte dans quelque exercice que se soit. Cette fois, il a fait accueillir un élu "comorophobe". Un élu qui n’a jamais vu d’un bon œil, la présence de Comoriens à Mayotte et qui s’est toujours opposé à la communauté comorienne de Mayotte. On ne peut tolérer de tels agissements si l'on veut récupérer notre 4e île », a déploré le porte-parole de l'alliance de l'opposition. .
Les partis de l’opposition, réunis sous la bannière « alliance de l'opposition », ont mis l’accent sur la manière dont le chef de l’Etat traite la question de Mayotte. Ils prennent en exemple le cas de la visite de Mansour Kamardine, élu mahorais connu pour son soutien farouche au visa Balladur. L'opposition estime que cette décision d'accepter de le recevoir, qu’elle juge grave, aurait dû faire l'objet auparavant d’une consultation de l’Assemblée Nationale, voire même de la classe politique.
La tenue des assises nationales, au centre des priorités de l'Etat, a fait l'objet de critiques de la part de l'opposition qui prévoit une tournée dans les îles afin de recueillir l'avis des citoyens et leur opinion sur ces assises. « On ne peut pas accepter que seul le gouvernement ait le droit de s’exprimer sur les places publiques pour passer leurs messages au sujet des assises. Nous aussi, nous devrons avoir ce droit et on fera tout pour l’avoir », a fustigé le Dr Chakour Abdou, le porte-parole du parti Juwa.
L’Alliance de l’opposition enfin a condamné les derniers évènements survenus dans l'ile Anjouan, saluant au passage la décision de faire libérer les commissaires. Pour l'opposition, le président de la République seul est capable de calmer la situation et apporter la sérénité nécessaire pour le développement du pays.
Mohamed Youssouf
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