La Gazette

des Comores

Conférence de la mouvance présidentielle / La réponse du berger à la bergère

Conférence de la mouvance présidentielle / La réponse du berger à la bergère © : HZK-LGDC

La mouvance présidentielle part à la rescousse du chef de l'État objet des tirs croisés de l'opposition après la publication de sa décision de transférer provisoirement les pouvoirs de la cour constitutionnelle à la cour suprême. Dans une conférence de presse tenue hier mardi, la mouvance accuse l'opposition de vouloir étouffer le scandale de la citoyenneté économique.


24h après la conférence de presse de l'union de l'opposition qui a tiré à boulet rouge sur le régime, au tour de la mouvance présidentielle de réagir et de faire bloc autour du président de la République et son gouvernement. Dans une ultime rencontre avec la presse de la place, les leaders de cette coalition des partis au pouvoir ont répondu coup par coup aux déclarations de l'opposition. « L'opposition n'a de leçon, ni de démocratie, ni de liberté, ni de respect des institutions, à donner à la majorité », estime Ali Mlipva Youssouf.          

 

Ce coordinateur de la mouvance présidentielle renvoie l'opposition à la période récente quand ses leaders étaient au pouvoir. « Sambi s'est octroyé une année de plus, c'est une gravité sans précédent. Sidi a repris au mépris de toutes les règles la présidence de l'assemblée en présence du président pendant que ce dernier avait levé la séance et c'est pour faire voter la loi portant citoyenneté (…) il faut que cette opposition se ressaisisse au risque de passer pour des amnésiques et c'est grave car le pays a besoin d'une opposition constructive pour le bien du pays », a-t-il fait savoir.

 

« Si on a gardé le silence ces derniers temps ce n'est pas parce qu'on n’avait rien à dire. Mais on a cru par contre que nos frères viendront avec des contre propositions sur la question de Mayotte, sur les assises et divers dossiers d'importance capitale. Mais hélas c'est le contraire », dira pour sa part Djaé Ahmada Chanfi. Le président du Rdc appelle à cesser le tapage et à jouer l'opposition constructive.

 

Même son de cloche pour Mohamed Chatur, le monsieur politique de la Crc qui soupçonne l'opposition de se lancer dans une tentative d'étouffer l'enquête parlementaire sur la citoyenneté économique. « L'objectif recherché par ces personnalités qui se nomment de l'opposition n'est autre que de vouloir torpiller la suite de l'enquête parlementaire qui a mis à nu un système dangereux pour le pays », a-t-il dit. Et de poursuivre : « les insultes ne construisent pas une école, ni ne fait décoller une économie d'un pays ».

 

Très remonté contre les critiques de l'opposition sur « la confiscation des libertés », ce directeur de la société comorienne des hydrocarbures n'en revient pas. « Nous avons vu beaucoup dans ce pays. Des ministres arrêtés sans aucune forme de procès. Des gouverneurs dont les mandants ont été écourtés. Qu'on ne vienne pas aujourd'hui nous administrer une leçon de bonne gouvernance », fait-il observer.

 

Et Me Said Larifou de rebondir sur la décision du président de la République de transférer provisoirement les « attributions » de la cour constitutionnelle à la cour suprême. « J’ai suivi avec attention les interventions distillées ci et là. Je suis choqué par certaines qui n'ont pas pris le temps de lire la constitution », a-t-il déploré. Et de poursuivre : « c'est une décision exceptionnelle qui est appliquée dans une situation de blocage ». Le leader du parti Ridja balaie d'un revers de la main le mot coup d'État institutionnel avancé par l'opposition, au moment où la constitution investit le président des pouvoirs exceptionnels. « La question qui devait être posée est ce que nous sommes dans une situation exceptionnelle. C'est le président lui-même qui en juge et personne d'autre », a-t-il expliqué. « Il n'y a pas de coup d'État, sinon, il existe dans l'imaginaire de ceux qui le propage », a-t-il conclu.

 

Maoulida Mbaé

                    


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