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des Comores

Conflit conseil de l'île/Parlement Le conseil de l'île de Ngazidja campe sur sa position

Conflit conseil de l'île/Parlement  Le conseil de l'île de Ngazidja campe sur sa position © : HZK-LGDC

Pour le président du conseil de l'île de Ngazidja, pas question qu'ils reviennent sur le choix déjà fait pour les conseillers devant rejoindre l'assemblée nationale. Younnoussa Said M'madi qui s'interroge sur la mouche qui a piqué le président du parlement et son vice-président pour qu'ils s'érigent en juges du contentieux électoral.


Dans un entretien exclusif à La Gazette/Hzk-presse, le président du conseil de l'île de Ngazidja est catégorique sur le choix déjà entériné par le conseil de l'île des trois conseillers devant partir siéger à l'assemblée nationale comme l'exige la constitution. « La position du conseil de l'île sur cette question est une et elle est unique. Elle se retrouve dans la lettre que le conseil de l'île a adressée au président de l'assemblée nationale comme réponse de celle qu'on nous avait précédemment adressée  », a-t-il déclaré.

 

« La procédure pour l'élection de ceux qui devront aller nous représenter au palais du peuple a été bien suivie et n'a été en aucun cas entachée d’irrégularité. Nous avions une liste de 18 de la majorité et une autre de cinq de la minorité qui a été battue. Cette dernière n'a pas tardé à reconnaître sa défaite. Je me demande pourquoi le président de l'assemblée nationale et son vice-président s'arrogent un pouvoir qui n'est pas le leur. Au point de se donner les prérogatives de valider et invalider des élection », a-t-il ajouté.

 

A l'en croire, le choix a été fait, il n'y a pas une possibilité d'un retour en arrière « la balle est donc dans le camp du gouvernement. J'interpelle le président de la République étant le garant de la constitution que l'assemblée nationale est une institution républicaine indépendante tout comme le conseil de l'île. Je pense qu'il a son mot à dire dans de telles circonstances ». Younnoussa Said M'madi ne désespère pas et appelle le président de l'assemblée à revenir sur sa décision de ne pas accepter « le choix des conseillers de l'île de Ngazidja ». Une décision que le locataire du conseil de l'île qualifie d' « injuste et qui n’honore pas l'institution qu'il préside », dit-il.

 

« Le président de l'assemblée devait savoir qu'avant d'être président, il est un élu. Et c'est en tant que tel qu'il piétine les textes du pays en s'appropriant des prérogatives qui ne sont pas les siennes. Et c'est là où il s'est glissé », a-t-il fait savoir.

 
D'après lui, il n'y a pas de négociation possible parce que tout a été fait dans la règle et que le président devait être capable de se mettre au dessus des considérations personnelles et partisanes. « Ce que je sais, nous n'avons pas l’intention d'aller discuter avec l'honorable président Abdou Ousseini sur cette question si notre seul tort c'est d'avoir suivi la voie légale pour élire les 3 élus qui vont nous représenter à l'assemblée nationale », a-t-il martelé.

 

Le président du conseil de l'île laisse entendre qu'il n'y a pas des contestations au moment des élections pour que la Cour constitutionnelle soit saisie. « Quand bien même il y en aurait, il faudra que la Cour soit saisie par un tiers. Mais ni le président de l'assemblée nationale, ni son vice-président n'a le droit de décider qui va et qui ne va pas siéger au parlement », fait-il observer.

 

Pour rappel, l'ouverture prévue vendredi dernier de la session ordinaire d’avril de l'assemblée nationale a été de nouveau émaillée par des incidents. Seuls 27 députés ont pu participer à la séance controversée au lieu des 33 députés. La cause, les 6 représentants des conseils des îles de Ndzouani et Ngazidja ont été empêchés d'entrer dans l’hémicycle, sur instructions du président de l'assemblée nationale.

 

Maoulida Mbaé               

 


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