Dans une courte vidéo postée sur les réseaux sociaux hier, Ben Amir Saadi, président directeur général de Maana et membre du Comité de soutien et de libération de Sast a fait état de la santé préoccupante de l’écrivain, incarcéré depuis bientôt deux mois. Il serait à l’en croire, en danger de mort.
Au commencement, une citation. Pas n’importe laquelle : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice du monde entier » du pasteur américain Martin Luther King, que l’on ne présente plus. Ensuite, Ben Amir Saadi apparaît, dans une courte vidéo sur fond blanc, publiée sur les réseaux sociaux ce lundi 01 octobre. « Voilà plusieurs semaines que l’écrivain Said Ahmed Said Tourqui a été emprisonné aux Comores avec comme chef d’accusation, attentat et complot contre l’autorité de l’Etat ». C’est ainsi que commence Ben Amir, membre du Comité de soutien « FreeSast ».
La voix posée, pondérée, le message clair, il poursuit : « Nous, sa famille, ses amis, ses lecteurs, nous qui connaissons l’homme, ses idées, son engagement, son amour pour la culture, pour les libertés, nous sommes convaincus que les chefs d’accusation pour lesquels il fait l’objet sont contraires à ses valeurs ». Le ton est donné par l’entrepreneur. Ben Amir n’a pas manqué de souligner «la situation délétère qui prévaut dans le pays depuis quelques mois, avec des arrestations spectaculaires et arbitraires, avec les libertés individuelles et de la presse bafouées, un climat de méfiance et d’intimidation, malgré cela, nous avons voulu croire à l’impartialité de la justice et nous nous sommes donc abstenus de toute intervention médiatique ». Ce qui ne sera, à l’évidence, plus le cas.
Le Comité de soutien de Said Ahmed Said Tourqui ne se taira plus. Le président directeur général de Maana l’explique par « les nombreuses incohérences constatées dans ce dossier, aux dures conditions d’incarcération dont Sast fait l’objet, isolé de tous, dans une cellule obscure de 1m20 sur 1m20 avec une santé fragile qui se détériore de jour en jour ». Arrivé à ce niveau de la vidéo, on y voit Sast sur des photos, tantôt sur une chaise roulante, tantôt sur un lit d’hôpital, sous perfusion.
Ben Amir a rappelé que l’écrivain a été, « il n’y pas si longtemps, paralysé à Moroni avant d’être évacué en France ». Son état de santé se serait détérioré. « Sast est en danger de mort », a-t-il lâché. « Malgré la présentation de son dossier médical, la justice reste sourde à nos demandes de liberté conditionnelle ou du moins l’assouplissement de ses conditions d’incarcération », a-t-il regretté. Sast est en cellule d’isolement depuis presque deux mois. Le Comité de soutien de l’écrivain demande sa libération. Et Ben Amir de conclure : « La seule arme que nous lui connaissons (à Sast, ndlr) est sa plume ».
Faïza Soulé Youssouf
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