La cinquième réunion du dialogue politique entre l’Union des Comores et l’Union européenne s’est tenue le jeudi 2 décembre au ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale.
La rencontre a été dirigée par M. Dhoihir Dhoulkamal, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, chargé de la diaspora et de la Francophonie de l’Union des Comores, accompagné de plusieurs ministres et de hauts cadres du gouvernement. Pour la partie européenne, M. Giovanni di Girolamo, ambassadeur de l’Union européenne auprès de la République de Madagascar et de l’Union des Comores a coordonné les débats en visioconférence depuis Madagascar. M. Sylvain Riquier, ambassadeur de France à Moroni était présent en salle.
Ce dialogue a été l’occasion d’approfondir la compréhension mutuelle et de prendre des décisions d'actions communes favorisant l’émergence des Comores et la mise en œuvre du PCE – Plan Comores Émergent 2030.
Au cours de la réunion, les autorités comoriennes ont d’abord évoqué la préparation du dialogue politique national pour favoriser la cohésion sociale, la paix et la stabilité dans le pays. L’UE encourage la tenue d’un dialogue politique national inclusif auquel toutes les forces vives prendront part, en vue d’un apaisement politique et social à travers des points de discussion permettant d’aborder de larges sujets d’intérêts commun.
Sur le plan économique, l’UE a rappelé les ambitions de réformes du gouvernement comorien pour renforcer la stabilité macroéconomique, dans le cadre du programme avec le FMI. Les pénuries alimentaires et de biens de consommation, suite au dérèglement du commerce international, continuent de pénaliser fortement le pays. L’UE salue les efforts du gouvernement d’avoir mis en place des garanties pour faciliter les importations par le secteur privé, afin de permettre de contenir les prix des produits importés au bénéfice des populations les plus fragiles. Enfin, améliorer l’environnement des affaires dans le but d’attirer davantage d’investisseurs reste une préoccupation partagée.
L’Union des Comores et l’Union Européenne ont abordé plusieurs thèmes au cours de ce dialogue notamment ceux relatifs aux droits humains, aux violences contre les femmes et les enfants.
Dans une première mouture du communiqué, il a été spécifié que « les droits humains ont été l'un des thèmes importants abordés au cours du dialogue. Dans cette dynamique, l’UE a demandé à quel stade en est la préparation des procès de l’ex-président Sambi et de l’ex-gouverneur d’Anjouan Salami, privés de liberté depuis 2018. Ceci, suivant le principe que toute personne a droit à un procès équitable dans un temps raisonnable pour établir précisément les crimes ou délits qu’elle est accusée d’avoir commis ».
Or dans le communiqué officiel paru hier, on lit tout simplement que « l’UE a rappelé le principe que toute personne poursuivie ou détenue provisoirement a droit à un procès équitable dans un temps raisonnable. Dans ce contexte les participants sont convenus du besoin d’améliorer les conditions de la justice ».
Dans le domaine des libertés, dans le communiqué paru hier il est écrit que les deux parties « s’accordent que la liberté d’expression et la liberté des médias constituent un fondement précieux de toute démocratie ».
Cependant, dans le premier communiqué on y lit que « la liberté d'expression et la liberté des médias revêtent une importance particulière, car elles sont est un fondement essentiel de toute démocratie. C'est pourquoi, au cours du dialogue, la partie européenne a encouragé la partie comorienne à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les journalistes puissent agir sans crainte d'être arrêtés, jugés ou condamnés, et qu'ils n'aient pas à recourir à l'autocensure. Il en est de même pour les défenseurs des droits de l'homme et les lanceurs d'alerte ».
Dans un autre volet, l’Union des Comores a indiqué avoir adopté en 2020 une nouvelle loi sur la pêche, ce qui est un élément essentiel en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. L’UE a invité les Comores à en notifier formellement la Commission et à transmettre un rapport d’étape sur le plan d’action adopté en 2015, afin que le dialogue puisse se poursuivre de manière formelle et structurée au sujet du « carton rouge » reçu par le pays en 2017. Par ailleurs l’UE a présenté le nouvel instrument de coopération Europe dans le monde – NDICI – qui entrera en vigueur en 2022.
A travers cet instrument plus simple et plus lisible, l’UE financera un ambitieux programme bilatéral en appui au Plan Comores Émergent, pour la période 2021-2027. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’Équipe Europe, visant à renforcer les synergies et les complémentarités avec la France, État membre de l’UE présent sur place.
Mmagaza
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