Une semaine après la mise en place des Commissions insulaires pour la réception et l’organisation des candidatures des Gouverneurs des Îles, certains noms parmi les membres de la Ceii de Mohéli font débat. Outre Djaza Ahmed Ahmed le fils du président de la Ceni, il y a aussi cette ancienne comptable qui est … l’épouse de Djaza Ahmed Ahmed. Sa présence, celle de son mari à la commission insulaire, et celle son beau-père à la tête de la Ceni détonne et l’on se demande si la Ceii à Moheli serait une affaire familiale.
Après la publication d’un article citant le fils du Docteur Djaza à la Commission Electorale Insulaire Indépendante de Mohéli, une source a confirmé que la Ceii de Mohéli est une affaire de famille. Sous l’anonymat, ce dernier a précisé que Nashmi Mohamed Soifoine n’est autre que la femme de Djaza Ahmed Ahmed. Pour l’ancien Ministre de l’Aménagement du Territoire, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat sous l’ère Sambi, Mohamed Larif Oukacha, cette désignation fait partie des « machinations du régime en place ».
L’ancien député affirme qu’il y a bel et bien conflit d’intérêt malgré qu’aucun texte ne le dise expressément. Comme l’a précisé Mohamed Rafsandjani, « il n’y a aucune disposition dans le code électoral qui en fait mention.
Joint au téléphone, Mohamed Larif Oukacha n’a pas caché son désarroi. Le porte-parole de l’Union de l’Opposition à Mohéli dit regretter que sa famille politique (ndlr : l’Union de l’Opposition) ne soit pas consultée. Il martèle cependant que le choix de placer Djaza Ahmed Ahmed et sa femme Nashmi Mohamed Soifoine dans la Ceii de Mohéli est « un affront à la démocratie ».
La présence de Djaza Ahmed Ahmed et de Nashmi Mohamed Soifoine dans la commission insulaire de Mohéli est pour certains « le moyen pour le président de la Ceni de camoufler ses détournements ». Notre première source sous anonymat estime que « Si Djaza a placé son fils et la femme de ce dernier qui était la comptable de la Ceni dans le passé, ce n’est que pour couvrir ses arrières et s’assurer que son dossier ne soit pas soulevé. Tout cela n’est qu’une machination politique », devait-il préciser.
Dans un rapport établi par la cour des comptes en 2015, et dont La Gazette détient une copie, il est mentionné qu’une facture de près de six (6) millions Kmf a été payée à la fois par la Ceni et la Ceii de Mohéli. La moitié de cette somme a été retrouvée dans le compte Meck de la femme du fils du Dr Ahmed Djaza qui n’est autre que Nashmi Mohamed Soifoine, alors comptable de la Ceni.
Dans le même rapport, il est marqué par la cour des comptes que « la Ceni ne dispose pas d’un bilan comptable retraçant son patrimoine ». Le rapport précise en effet, preuve à l’appui, que la Ceni a géré les fonds publics qui lui sont alloués en l’absence d’un plan comptable. Pour le fonctionnement de la commission, sur les 104 277 158 Fc enregistrés dans le compte fonctionnement, seulement 82 203 899 Fc de dépenses sont pourvues des pièces justificatives. Les 22 073 259 Fc restant ne sont pas justifiées. Parmi les montants non justifiées, il y a la somme de 5 388 000 Fc qui a été payée deux fois. La somme a été virée à travers le chèque N° 245270 du 09/04/2015 puis par le chèque N°255268 du 21/04/2015 pour payer, tenez vous bien, les mêmes factures. Le rapport précise qu’après constat du double paiement, « le montant a été partagé en deux parties » entre le comptable de la Ceni, Nashmi Mohamed Soifoine, femme de Djaza Ahmed Ahmed et le responsable de la Ceii Mohéli « sur leurs comptes personnels ».
Il s’agit donc de la Commission insulaire qui est chargée d’organiser des élections justes et équitables. Des membres dont la probité est sérieusement mise en doute. Au nom du père, du fils et de la belle-fille, la crédibilité du processus en cours, risque d’être tout sauf crédible.
A.O Yazid
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