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des Comores

Commentaire / Au nom de l’apaisement

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Commentaire / Au nom de l’apaisement © : HZK-LGDC

Et puis, quelle idée que celle de l’Union de l’Opposition, d’envoyer un homme, sous le coup d’un contrôle judiciaire (dans le cadre de l’enquête de la citoyenneté économique), lequel peut à tout moment se faire arrêter, mener des négociations aussi importantes qui engagent l’avenir de la république, avec le président.


La question que se posent bon nombre de citoyens comoriens est la suivante : l’opposition a-t-elle fini par reconnaître le référendum ? Il semblerait que non, en tout cas officiellement. Mais la position de l’Union de l’Opposition est étrange. Mardi, elle a été reçue par le président de la république, dans la continuité du dialogue amorcé par Ramtane Lamamra. Il y avait dans cette délégation, l’ancien ministre des finances sous Ikililou, Mohamed Ali Soilihi, l’ancien gouverneur Mouigni Baraka Said Soilihi, etc. Les mesures d’apaisement sorties tout droit du conclave de 3 jours la semaine dernière, qui a réuni opposition et mouvance présidentielle sous la houlette de l’émissaire panafricain, semblent déjà avoir porté leurs fruits. L’atmosphère à Beit Salam était visiblement apaisée. A l’inverse, quand le chef de l’Etat avait reçu les gouverneurs, il y a une semaine, à la veille de l’arrivée de Ramtane Lamamra, l’ambiance était électrique.


Ce qui ressort de cette rencontre est que les leaders de l’opposition semblent être en désaccord avec les deux gouverneurs de Ndzuani et de Ngazidja. Ces derniers n’ont pas revu leurs positions et refusent de reconnaître le référendum. Ils l’ont à maintes reprises, clairement exprimé.


Plus de retenue


Paradoxalement, Mohamed Ali Soilihi et Mouigni Baraka sont plus lisses. Ils ont durant leur conférence de presse à Beit Salam ce même mardi, adopté un ton plus consensuel. Ont exhorté les journalistes à plus de retenue. Ont salué la volonté présidentielle d’ouvrir la voie à l’apaisement. Et ont refusé de parler des élections présidentielles anticipées : question qui n’était pas à l’ordre du jour lors de la rencontre avec le président.


Mohamed Said Abdallah Mchangama a ainsi réagi : « Le Président Azali et son Directeur de cabinet ont clairement exprimé leur détermination de tenir les présidentielles à la fin de cette année ». Et de poursuivre son questionnement : «Si des leaders de l’opposition, en évitant les questions qui fâchent, veulent ouvrir la porte à leur candidature, pensent-ils aussi que discuter de la sécurisation risquerait de braquer le pouvoir et retarder les élections ? Peut on dire que des candidats ont cédé à leur impatience de présidentielle et sacrifié le cadre constitutionnel, la gouvernance, le respect des lois, parce que l’Etat c’est celui qui est à sa tête, et ainsi illustré l’unique consensus de notre classe politique ? ». Légitime questionnement.


Il faut sans doute souligner que c’est la mouvance présidentielle qui a inscrit à l’ordre du jour, la proposition de la sécurisation des élections. L’on aurait été en droit d’attendre de l’opposition une position claire, une stratégie élaborée. De la suspension du processus électoral en attendant la fin du dialogue dans le Cadre permanent de concertation. A cette question, l’ancien argentier de l’Etat dira: « Le gouvernement a son calendrier ». Oui mais dans le cadre de négociations, de dialogue inclusif et apaisé, l’on s’efforce des deux côtés, de faire des concessions. C’est à se demander si l’Union de l’opposition n’a pas le même (calendrier).


Avoir confiance en nos institutions


En outre, le directeur de cabinet en charge de la défense a tenu à faire une distinction entre les mesures administratives et judiciaires. « L’arrêté Barwane relève de l’administration et pourrait être abrogé mais pas pour ce qui relève du judiciaire ». Comprendre, nous ne mangerons pas de ce pain-là, les détenus politiques qui sont en prison dont l’opposition demande la libération, nous n’y pouvons rien, cela relève de la justice.


Surtout, « comment comprendre que les discussions n’aient pas commencé par le référendum et les élections anticipées, est-ce que l’opposition a renoncé, rien ne l’indique clairement, toujours est-il qu’il n’y a pas eu de vrais débats là-dessus ? », s’est à son tour interrogé Idriss Mohamed Chanfi, ancien militant du Comité Maore. « J’attendais de l’opposition qu’elle campe sur ses positions, à savoir l’invalidité du référendum et ensuite savoir comment sortir le pays de l’impasse dans laquelle, elle se trouve », a-t-il poursuivi.


« Une conférence nationale souveraine et inclusive serait la seule issue si l’opposition devait accepter le référendum, pour que l’on puisse aller sereinement vers les élections ». Et d’énumérer : « assurer de façon institutionnelle et pratique la bonne tenue des élections, c’est-à-dire, qu’il faut qu’il y ait une institution de validation des scrutins qui soit réellement indépendante, que le ministère de l’intérieur ne soit plus en charge d’organiser les élections ».

 

Des observateurs internationaux seulement

 

Du bout des lèvres, le chargé de la défense a accepté la présence d’observateurs internationaux (si leur mission est financée par d’autres) lors des prochains scrutins. Son collègue de l’intérieur, Mohamed Daoudou, lui a clairement affirmé qu’il n’y aura pas d’observateurs « le pays étant en paix ». Pour ce qui est de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) dont le discrédit n’est plus à présenter, il en fera une éloge masquée : « C’est la même équipe qui était à la tête de la Ceni lors des dernières élections présidentielles, Azali Assoumani était dans l’opposition ». Et d’asséner : « Il nous faut apprendre à avoir confiance en nos institutions ». Mais en ce cas, au risque de nous répéter, il sert à quoi ce dialogue ?


M le directeur de cabinet, les institutions ne sont viciées que par les hommes (et les femmes) qui les représentent…


Et puis quelle idée que celle de l’Union de l’Opposition, d’envoyer un homme, sous le coup d’un contrôle judiciaire (dans le cadre de l’enquête de la citoyenneté économique), lequel peut à tout moment se faire arrêter, mener des négociations aussi importantes qui engagent l’avenir de la République, avec le président.


Kzb

 


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