15 personnes doivent être convoquées en audience après la publication de l’ordonnance du juge d’instruction en charge du dossier. Dans la liste des personnes à convoquer, des opposants. D’autres gros bonnets qui sont impliqués dans l’affaire ne sont pas cités. Ils sont pour la plupart des proches du pouvoir. Constat qui n’est pas sans inquiéter l’avocat de Sambi, qui y voit une main politique.
Il y a douze jours, le juge d’instruction a adressé au procureur de la République une ordonnance aux fins de règlement définitif pour les personnes accusées de détournement de denier public, faux et usage de faux, usurpation de fonction, corruption, recel et complicité sur le dossier de la citoyenneté économique. Plusieurs noms, dont le plus célèbre est Sambi y figurent. Tandis que d’autres, considérés pourtant comme des acteurs majeurs dans ce dossier de vente de passeports ne sont pas mentionnés.
L’on trouve parmi ces barons épargnés l’ancien directeur de la sureté Abou Achirafi qui vient d’être réélu député, l’ancien chef de l’État Ikililou Dhoinine astreint par la justice de quitter l’île de Mohéli dans le cadre de cette même affaire, ou encore l’ancien ministre de l’intérieur Houmed Msaidié qui est aujourd’hui ministre de l’économie. Si Ikililou est épargné, ses deux vice-présidents Nourdine Bourhane et Mohamed Ali Soilihi devront comparaitre, à l’instar du successeur d’Abou Achirafi, Hairi El-Karim.
Joint samedi par La Gazette des Comores, le parquet de Moroni n’était pas disposé à répondre à nos questions, préférant ajourner l’entretien jusqu’à ce lundi. Quant à Me Ahamada Mahamoudou, l’avocat de Sambi, il ne s’en lasse pas. D’abord, il tient à expliquer que ladite ordonnance n’est que le début du processus devant aboutir au procès. « Il y a l’ordonnance de soit-communiqué adressée au procureur pour lui permettre de faire un réquisitoire définitif, lequel sera adressé au juge qui va rédiger l’ordonnance de règlement qui sera transférée au procureur. C’est à partir de là que ce dernier pourra appeler à l’audience selon son calendrier ».
Quant à l’absence des autres personnes impliquées, l’avocat de Sambi dit ne pas être surpris. « La chasse à l’homme se fait contre Sambi et contre tous ceux qui tournent autour de lui. Si aujourd’hui Abou Achirafi qui était directeur de la sureté et qui connait tout de ce dossier n’est pas cité, on n’a pas besoin d’être un savant pour comprendre tout ce qui se cache derrière…Même Msaidié qui a signé un contrat avec LICA et n’a jamais été inquiété parce que c’est un pion d’Azali », poursuit le candidat malheureux aux présidentielles de 2019.
Pour l’avocat, la publication de cette liste est une manière de « détourner l’opinion » par rapport à l’état de santé de Sambi, jugé préoccupant par son médecin. Pour conclure, Me Mahamoudou affirme avoir demandé au juge d’instruction d’auditionner Abou Achirafi et de le confronter à son client « pour l’intérêt de la procédure judiciaire ». Seulement, le procureur de la République qui « se vante » d’avoir levé l’immunité de certains députés, « n’a jamais voulu appuyer notre requête ».
A.O Yazid
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