La Gazette

des Comores

Citoyenneté économique-Dossier 64 / L’avocat de Sidi appelle à la libération d’office de son client

Citoyenneté économique-Dossier 64 / L’avocat de Sidi appelle à la libération d’office de son client © : HZK-LGDC

Huit mois depuis qu’Ibrahima Mouhoumadi Sidi est en prison. Devant la presse, son avocat, Maitre Djamal-Dine Bacar s’indigne de l’avancement de l’enquête sans remettre en cause la fiabilité de la justice. Selon lui, la détention de son client devient arbitraire car son délai de détention a été dépassé dans le fond comme dans la forme malgré plusieurs demandes de mise en liberté provisoire qu’il a déposées auprès de la chambre d’accusation.


« Nous avons saisi la chambre d’accusation pour une demande de mise en liberté d’office d’Ibrahima Mouhoumadi Sidi car le délai de la détention provisoire est écoulé », annonce Maitre Djamal-Dine Bacar Ahamada. Selon lui, la détention de son client peut être, actuellement, considérée comme arbitraire. « Ibrahima Mouhoumadi Sidi est placé en détention provisoire depuis le 26 juin 2018. Et à compter de ce jour jusqu’au 26 février 2019 cela fait huit mois », a-t-il précisé avant de montrer que « son client est accusé de plusieurs chefs d’inculpation notamment détournement et usurpation de fonction ». Pour maitre Djamal-Dine Bacar, le délai de la détention provisoire est fixé à quatre mois renouvelables une fois selon l’évolution de l’enquête. « Au-delà des huit mois, la justice est dans l’obligation d’organiser le jugement par tous les moyens car s’il s’ajoute à ce délai une seconde de plus, il s’agit alors d’une détention arbitraire et c’est le cas de mon client aujourd’hui », a-t-il martelé.

 

Se portant en défendeur de la loi, l’avocat dit faire confiance en la justice mais regrette que les droits de son client ne soient pas respectés. « En ma qualité d’avocat, je défendrais la loi jusqu’au bout », a-t-il fait savoir avant d’évoquer le respect des droits de l’homme. L’avocat de l’ancien ministre de l’intérieur sous l’ère Sambi s’indigne de la position de son client et fait savoir que ça ne devrait pas être le cas. « J’appelle la justice et toute personne habilitée à faire respecter la loi car nous sommes dans un Etat de droit », a-t-il crié.

 

Evoquant entre autre son état de santé qui est fragile, Djamal-Dine Bacar dit avoir fait jusqu’à sept demandes de mise en liberté provisoire rejetées par la justice pendant que d’autres accusés dans le même dossier dit 67 jouissent de cette liberté provisoire. « Pendant que la justice s’apprête à organiser le jugement mais j’ai un client qui accroupit en prison, un client qui a beaucoup patienté », a-t-il rappelé.

 

Selon l’avocat, la charte internationale des droits de l’homme qui est au-dessus de toute loi nationale a été bafouée et si quelque chose devait lui arriver en prison, ce sera sous la responsabilité de l’Etat. Sans lueur d’espoir face au cas de son client, Maitre Djamal-Dine Bacar précise que le dossier de Sidi relève d’un délit et non d’un crime. Ce dernier promet entre autre de saisir les institutions compétentes notamment tous les organes des droits de l’homme sans remettre en cause la justice comorienne. « On ne joue pas avec la liberté des gens », conclut-il.

 

A.O Yazid

 


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