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des Comores

Campagne du référendum / A Bambao Mtsanga, le camp du Oui clame la révolution

Campagne du référendum /  A Bambao Mtsanga, le camp du Oui clame la révolution © : HZK-LGDC

La campagne pour le référendum bat son plein, du moins pour les partisans du OUI qui continuent à haranguer la foule. A Anjouan, ils ont encore fait une démonstration de force ce week-end à Bambao Mtsanga. L’ambiance reste la même. On clame la paix et la stabilité et croit en la victoire, parfois avec des chiffres.


« Soyons tous les gardiens de la paix et de la stabilité de notre pays. Nous sommes en pleine révolution et le premier acte c'est le référendum. Nous plantons des arbres fruitiers que nous laisserons aux futures générations », a lancé le Président Azali au meeting du OUI à Bambao Mtsanga, Anjouan samedi 21 juillet. C’est dans un espace bondé que s’est tenu le troisième grand meeting du régime à Anjouan. Tour à tour. Jeunes, vieux, cadres, notables, oulémas, prennent la parole pour appeler à voter massivement le Oui.

Présent, le maire de cette commune a tenu un discours destinés à la femme comorienne. Ce dernier montre que pour la première fois dans notre pays, un texte fondamental consacre les droits de la femme et de ses enfants comme inaliénables. A en croire le premier magistrat de la localité, les femmes ont intérêt voter massivement le Oui pour se mettre au-devant de la scène.

«La tournante est peut-être supprimée pour eux»

A son tour, Adinane, un jeune de la région, a attaqué les gens qui se disent anjouanais mais qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts et ambitions. Mais il y’a aussi «des anjouanais qui se mobilisent pour l’intérêt supérieur de la nation» a-t-il clamé. Ce dernier a envoyé un message particulier au gouverneur Salami qui, selon lui, s’exprime sans se parachuter et qui s’impose aux grands hommes de l’Etat. Celui qui s’est exprimé au nom de la jeunesse anjouanaise a demandé au gouverneur de ne pas déshonorer l’île avec son discours. «Ce gouverneur qui se dit démocrate a voulu changer les maires de l’île pour les remplacer avec les siens en violation des textes», dit-il. «Notre patience repose sur l’éducation que nous avons reçue de nos parents. Et les propos de Salami au sujet du référendum sont indécents et dire que le référendum n’aura pas lieu à Anjouan, cela est un mensonge. Nous sommes des anjouanais aussi et nous iront voter pour le Oui», a-t-il poursuivi. «Ces anjouanais qui disent que la tournante a été supprimé savent que c’est faux. C’est peut-être supprimé pour eux», a-t-il conclu.

Les réformes, la Grande Idée de la Nation

«Le problème de certains anjouanais tout comme lors de la crise séparatiste, c'est la gestion du pouvoir d'un clan, un microcosme politique anjouanais» a lancé Ibrahim Halidi, ancien premier ministre et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2006. Ce dernier explique que «ce livre (le projet référendaire) nous devons le considérer comme l'Arche de Noé pour les Comores».

Avant le discours du président, c’est Nourdine Midiladj, coordinateur de l'île qui a pris la parole pour prendre rendez-vous pour faire un majlisse le 30 juillet à 18 heures, car tous les comoriens vont se réunir ce jour et à cette heure pour fêter la victoire du Oui. «Et ceux qui ne veulent pas venir, je leur demande de nous laisser célébrer notre majlisse. Ils disent que nous ne sommes pas démocrates, mais eux non plus il leur est impossible de respecter les lois de la République», lance Nourdine Midiladji. Le Dr Sounhadj, directeur de campagne, le «super-coach» et vice-président, Abdallah Said Sarouma, un ouléma et un notable, tous se sont exprimé pour appeler les comoriens et la jeunesse en particulier à ne pas se laisser manipuler par les oiseaux de mauvais augure. Sarouma a affirmé également leur disposition à sacrifier leurs intérêts personnels au nom de la «Grande Idée» qu’ils se font de ce pays. Demandant de tuer l’esprit îlien en prônant l’esprit de la Nation et la fierté d’être comorien.

«Nous devons lutter contre le séparatisme»

«Le temps de la Révolution est arrivé», a lancé Azali Assoumani. Il a rappelé que le premier révolutionnaire c'est le Prophète Muhammad SAW. «Je le dis avec modestie, mais chaque jour à ses actions. Et le moment est venu. Ali Soilihi a voulu faire une révolution au moment des 2 blocs et il a été stoppé. Mais nous sommes en pleine révolution culturelle. Et cette révolution c'est d'abord l'éducation, un code de conduite, de nouvelles règles du vivre ensemble. Nous devons protéger ces règles qui font le ciment de notre société, notamment les liens de sang, l'islam, l'histoire, la religion et la langue», a-t-il énuméré.

«Nous devons mettre fin au tribalisme et à l'esprit ilien et c'est pour cela que nous avons consacré l'Etat-Nation dans cette nouvelle Constitution», explique le Colonel. Pour le chef de l’Etat la Nation était malade. Et en 2001, on a prescrits la tournante comme médicament. « Le médicament nous a guéri, mais si nous continuons à prendre le médicament, cela se transformera en poison », montre-t-il.

«Nous devons lutter contre le séparatisme qui a fait que des comoriens ne pouvaient pas circuler dans leurs îles. Le séparatisme n'est pas sorti par les armes mais par le dialogue franc que nous avons amorcé entre comorien. Et ce dialogue doit continuer pour construire ce pays comme nous l'avons fait dans les assises nationales», dit-il. Selon lui, il y a deux types d'Anjouanais : ceux qui ne pensent qu'à leurs propres intérêts et ceux qui pensent que c'est l'intérêt général qui prime. Selon lui les seconds ont voté feu Said Mohamed Djohar député anjouanais alors qu'il était grand comorien. «La révolution c'est donc cela. Avoir un État qui a des lois et des règles d'une même communauté de destin et une identité comorienne», a-t-il conclu.

A.O Yazid

 

 


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