En 2013, deux ans après son élection à la tête des Comores, Ikililou Dhoinine avait remis sa déclaration de patrimoine à la commission de lutte contre la Corruption. Un geste qui avait été salué par l’opinion. Quelques semaines plus tard, ses vice-présidents et ses ministres avaient eux aussi déclaré leurs biens.
Les patrimoines n’avaient pas été dévoilés au grand public, comme c’est le cas dans plusieurs pays démocratiques où la transparence de la vie publique est une règle d’or. Aucune vérification n’a été faite pour prouver leur véracité. Et comme on est aussi habitué à toujours faire les choses à moitié, aucune autorité comorienne et haut fonctionnaire n’a déclaré son patrimoine à la fin de son mandat ou de sa fonction.
Impossible donc aujourd’hui d’estimer l’évolution des biens et des richesses, ni même d’évaluer les biens mal acquis, s’il y en a, des anciens dirigeants et des anciens hauts fonctionnaires du pays.
Aujourd’hui, les nouveaux élus et nouvelles personnalités nommées à des hautes fonctions de l’Etat n’ont rempli aucune déclaration de patrimoine. Le gouvernement Azali n’a malheureusement pas suivi ce « Grand pas » vers la lutte contre la corruption. Si le manque de volonté est tangible, aucune institution n’est assez forte pour imposer le respect de cette loi relative à la transparence des activités publiques, adoptée par les Comores et qui oblige les hauts responsables de l'Etat exposés à la corruption à faire une déclaration de leurs patrimoines.
Depuis son investiture, le président Azali n’a pas engagé de nouvelles mesures pour promouvoir la transparence dans l’exercice des fonctions publiques, ni renforcé les lois existantes. Sa décision de dissoudre la commission de lutte contre la Corruption a raffermi le manque de confiance du citoyen envers les institutions et services de l’Etat.
Le successeur d’Ikililou va-t-il confirmer l’adage selon lequel les Comores font un pas en avant et deux pas en arrière, comme la célèbre danse du Djaliko ?
Al-hamdi A. Hamdi
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