La délibération sur les recours des candidats pour les élections présidentielles et des gouverneurs des îles est prévue samedi prochain à la Cour suprême. L’annonce est faite mardi dernier par la Cour à l’issue d’une audience qui a statué sur les 6 requêtes envoyées par des candidats.
C’est le dossier d'Achirafi Saïd Hachim qui a été débattue en premier. Ce leader du parti Cadim est victime d’une invalidation de sa candidature à cause d’un manque de quitus pour sa caution. Son avocat estime que son client est victime pour rien. « Mon client a bel et bien déposé tous les documents exigés » estime Me Youssouf Msa. Sur la question du quitus, l’avocat indexe le trésor public d’avoir refusé de recevoir le chèque (non certifié) de caution du candidat à quelques minutes de la clôture. Le commissaire du gouvernement quant à lui a montré qu’Achirafi Saïd Hachim n’a pas déposé tous les dossiers requis, donc sa candidature doit impérativement être invalidée.
S’agissant de Jaffar El-Macelie, candidat indépendant qui a introduit une requête en annulation de la candidature d’Ibrahim Mohamed Soulé, candidat du parti Juwa, il considère que le dossier du candidat Ibrahim n’est pas crédible parce qu’il est signé par une autre personne que le secrétaire général du parti, Ahmed Hassane El Barwane qui est actuellement en détention. Selon l’article 25 du règlement intérieur du parti Juwa dont El-Macelie est membre, la candidature d’Ibrahim M. Soulé ne doit pas être validée.
L’avocat de ce dernier regrette cette démarche d’El-Macelie qui montre que sa signature figure sur les procès verbaux de l’élection primaire à laquelle il était lui-même candidat. « D’ailleurs il est arrivé en 4e position. Cela veut dire que s’il était élu, il n’allait pas venir remettre en cause sa légitimité », précise l’avocat. Pour cette requête, le commissaire du gouvernement trouve que Barwane n’est pas empêché comme l’a si bien dit l’article 25 du règlement intérieur. « Tout le monde peut prendre une permission pour aller rendre visite à un détenu. Donc si Juwa voulait réellement que Barwane signe le dossier de candidature d’Ibrahim Mohamed Soulé, il n’avait qu’à aller le voir où il se trouve. Le commissaire demande en conséquence à la Cour Suprême d’invalider la candidature d’Ibrahim Mohamed Soulé.
Quant au dossier de Soilih Mohamed Soilih qui a été recalé provisoirement par la cour pour avoir déposé deux certificats de résidence, son avocat prouve le contraire. Pour lui, il s’agit de deux documents complémentaires puisque l’un démontre que SMS réside bel et bien aux Comores mais parfois il représente les Comores en mission à l'étranger comme le fait souvent le président Azali Assoumani en tant que chef de l’État. Comme Soilih Mohamed Soilih est l’ambassadeur des Comores auprès des Etats-Unis et à l’ONU, il est aux Comores. Son avocat évoque des cas similaires à Madagascar, au Bénin et au Gabon. Tous ont été finalement réintégrés par la cour constitutionnelle de ces pays. Le commissaire du gouvernement explique que chaque pays a ses propres textes qui le régissent. Selon Nourdine Abodo, on ne sait pas dans quelles circonstances. Ainsi le commissaire du gouvernement a demandé à la Cour de rejeter également cette candidature. Présent dans cette audience, SMS tient à préciser qu’en tant que comorien et musulman, il a droit à plusieurs résidences.
La même requête attaque d’autres candidatures comme celle d’Ali Mhadji, Mohamed Ali Soilih et Azali Assoumani. Ces mêmes candidatures étaient attaquées par Bourhane Abdallah, autre candidat provisoirement recalé par la Cour Suprême. Ce dernier ajoute sur sa liste, la candidature de Salim Saandi. Pour Azali, il a été attaqué pour son malaise vagal à l’Université des Comores. Pour Mohamed Ali Soilih, il est poursuivi pour des faits présumés de corruption et détournement de derniers publics dans le cadre de l’affaire de la citoyenneté économique. Le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2016 est attaqué aussi pour son attestation de patrimoine qui, selon le commissaire du gouvernement n’est pas crédible. Ainsi ce dernier demande à la cour de faire des investigations sur la réalité du patrimoine de l’ancien argentier de l’Etat qui a indiqué posséder trois comptes dans trois banques avec la somme de 1,3 million. Le délibéré est attendu ce samedi à 10h.
Ibnou M. Abdou
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