L’île de Mohéli s’apprête à boycotter les assises nationales. A l’issue d’une réunion entre l’Exécutif et les élus de l’île avant-hier 29 janvier, les deux instances, rebondissant sur les travaux thématiques des assises nationales tenus du 20 au 23 janvier à Moroni, ont constaté que « le travail des expert s’est éloigné de la démarche consistant à faire un diagnostic non partisan ». Le verdict, de partir ou rester, est attendu en fin de semaine.
Les départs en cascade semblent avoir des beaux jours devant eux ! Après les départs de deux membres du Mouvement du 11 août du comité de pilotage des assises nationales, l’île de Mohéli vient d’enclencher les hostilités. Dans un communiqué publié hier, l’Exécutif de l’île de Djumbe Fatima ainsi que les élus (conseillers et maires), font part de leur inquiétude quant à l’inclusivité, représentativité et indépendance du comité de pilotage des assises nationales, essentiellement lors des ateliers thématiques organisés à Moroni du 20 au 23 janvier.
Dans le communiqué non signé mais dont l’authenticité est confirmée par le maire de Fomboni et le secrétaire général du gouvernorat de Mohéli ainsi qu’un conseiller de l’île que nous avons contactés par téléphone, l’Exécutif et les élus déclarent avoir constaté que « le climat qui a prévalu tout le long des ateliers thématiques n’a pas permis une expression démocratique des participants ».
Ils épinglent également le pouvoir central, l’accusant d’avoir monopolisé le débat : « Le débat s’est déroulé dans un sens unique, et dans un cadre de monopole d’expression réservé aux seuls représentants de l’Union ».
Le communiqué poursuit que « le travail des experts s’est également éloigné de la démarche consistant à faire un diagnostic non partisan et sans complaisance sur les forces et faiblesses de la gouvernance du pays et de ses systèmes institutionnels, en orientant le débat vers la fustigation du système de la présidence tournante et l’autonomie des iles… ».
Enfin, les élus de Mwali tiennent à porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, qu’ils se « désengagent des conséquences qui découleraient de toutes manœuvres visant à conduire le pays dans une aventure institutionnelle incertaine, et des décisions qui toucheraient aux principes et aux fondements de la Présidence Tournante de l’Union des Comores et à l’Autonomie des Iles, conformément à la Constitution ». Selon un de nos interlocuteurs, joint hier au téléphone, « nous organisons une autre réunion d’ici la fin de la semaine pour prendre une décision finale », entendez par là, rester ou partir.
« Ca serait l’opprobre si après tout ce que nous avons versé dans le communiqué, nous prenions une autre décision que celle de partir », nous confie un autre, avouant au passage que la présidence tournante constitue la raison principale de cette réaction. Si on attend la décision finale de Mohéli de rester ou pas dans le processus en cours, rappelons que beaucoup refusent de cautionner ce qu’ils considèrent comme une « mascarade ».
C’est le cas du gouvernorat d’Anjouan qui, droit sur ses bottes, n’a pas envoyé un représentant au sein du comité de pilotage. Il y a aussi Idrisse Mohamed Chanfi, membre fondateur du Mouvement du 11 août, initiateur des assises, qui a claqué la porte depuis le 13 novembre, jour d’investiture du CPAN. Ceux qui étaient restés dans l’espoir de faire prévaloir les objectifs initiaux de ce dialogue national, à l’instar de Mme Amina Abasse Djoussouf ou Ahmed Thabit, tous deux issus du M11, viennent de jeter leurs tabliers. Sans compter les partis et personnalités politiques de l’opposition.
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