Quand le départ des deux membres du CPAN (comité de pilotage des assises nationales), affecte ledit comité, la démission de l’experte Nadia Tourqui est perçue comme un non-événement. Explications.
Lundi dans son siège à Maluzini, le comité de pilotage des assises nationales a tenu une conférence de presse pour évoquer les sujets d’actualités : le départ de Mme Amina Abasse Djoussouf et Ahmed M. Thabit, deux membres du CPAN qui ont claqué la porte respectivement le samedi 27 et le lundi 29 janvier à cause du climat malsain qui règne au sein de l’équipe. « Certains caciques du CPAN, non seulement empêchent cette liberté d’expression de s’exercer mais maintiennent des pressions pour étouffer les voix discordantes, profèrent des menaces, même de mort, et privilégient la répression contre ceux et celles qui pensent différemment », dénonce pour sa part Mme Abasse.
Quant au second, M. Thabit, il parle de « vieilles pratiques (qui) refont surface au sein même du CPAN précisément dans la gestion financière de nos activités ». Une gestion financière que Mme Abasse, elle non plus, n’a pas manqué d’épingler. Dans la conférence de presse d’hier, le porte-parole du comité de pilotage, Said Larifou, se voulait rassurant sur ce point de gestion financière. « Tous les jours nous effectuons des dépenses. Nous ne pouvons pas tous les jours faire un bilan. Le moment venu, les gestionnaires financiers vont le faire au gouvernement parce que c’est l’argent public », a-t-il tenu à préciser.
« Ce que nous pouvons faire maintenant, par contre, c’est le bilan provisoire des commissions techniques et le bilan provisoire de tout ce qui est communication. En ce qui concerne les finances, ca se fera le moment venu », a-t-il poursuivi avant que Djaé Ahamada n’insiste que le bilan sera présenté dès le lendemain des assises, soit le 13 février. Et « même s’il nécessite un audit, qu’il en soit ainsi. Mais nous attendons le moment venu ». Si, toutefois, le CPAN regrette le départ des deux de ses membres, élément révélateur du climat malsain qui caractérise le processus, la démission de l’experte Nadia Tourqui qui a constaté une « intrusion du politique dans le processus », ne semble pas les émouvoir.
« L’experte qui a fait une déclaration sur RFI n’a pas démissionné. Il faut dire les choses clairement. Son contrat a pris fin le 5 janvier et il n’a pas été renouvelé. La seule chose que nous pouvons reconnaitre d’elle, par contre, est sa compétence irréprochable. Mais en même temps elle a de la malhonnêteté », accuse le porte-parole, ajoutant que la concernée avait signé un contrat d’obligation de réserve mais qu’« au final, nous nous sommes rendus compte qu’elle avait un militantisme… ». Pourquoi, si son contrat a pris fin le 5 janvier, elle continuait à participer aux réunions techniques jusqu’au 18 qu’elle décidait de rendre le tablier ? Mystère et boule de gomme ! Le CPAN n’a pas souhaité répondre à cette question.
Autre sujet qui a alimenté les échanges, le reportage de RFI qui a évoqué l’idée que la communauté internationale « ne légitimerait pas [les assises] dans ces conditions ». Pour le comité de pilotage, il s’agit d’une « diffusion de fausse information ». Le porte-parole fait savoir que la communauté internationale va s’exprimer à ce sujet pour lever les doutes. « Nous écrivons à RFI pour protester. Quant à la communauté internationale, elle ne nous a pas écrit. En tout cas elle va s’exprimer à ce sujet ». « La communauté internationale est derrière la nation comorienne, le gouvernement comorien, et les missions du CPAN d’organiser ces assises », joute le président de la commission de communication, Djaé Ahamada Chanfi.
Toufé Maecha
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