Après le mémorandum des personnalités et cadres originaire d’Anjouan, c’est au tour des personnalités politiques et de la société civile de l'île de Mohéli de montrer leurs hostilités aux assises nationales que le pays s’apprête à tenir. Dans un manifeste daté du mardi 14 novembre, ces personnalités ont exprimé leur opposition sur la tenue des ces assises.
Ils sont une vingtaine de personnalités et non des moindre, politiques et de la sociétés civile de l'île de Mohéli à tirer la sonnette d'alarme sur les conséquences qui suivront si le gouvernement persiste à vouloir organiser des assises de plus en plus contestées par une frange des partis et mouvements politiques de l'opposition.
« Nous, personnalités politiques, chefs de partis et mouvements politiques, personnalités de la société civile et membres du mouvement du 17 février pour la défense de l’accord-cadre de Fomboni Mohéli, avons décidé d'exprimer à travers ce présent manifeste, notre opposition à la tenue des assises annoncées que nous considérons lourdes de conséquences sur la survie même de l'Union des Comores », peut-on lire dans ce document publié le mardi 14 novembre dernier.
Encore une fois les griefs sont portés sur le format qui serait peaufiné « dans des conditions non transparentes et dans un schéma d'exclusion des îles et peu représentatif de la population comorienne, ne sont que source de conflits sur le fond, de méfiance et de désaccords profonds et conduisent donc inexorablement à l'éclatement de l'Union des Comores ».
Ces personnalités de l'île de djoumbé Fatima sont persuadés que si les assises sont maintenues, elles ne devaient « porter que sur des éléments de nature à renforcer le rapprochement entre les îles de l'Union et à consolider les acquis obtenus (…) elles ne doivent sous aucun prétexte porter sur les fondamentaux sur lesquels est assis le Nouvel Ensemble Comorien issu des accords de Fomboni de février 2001 ».
Et eux de laisser penser que la priorité à l'heure actuelle est ailleurs notamment la consolidation des institutions et l'unité nationale par « l'application stricte et intégrale de la constitution en vigueur. Il faut exploiter au maximum possible toutes les opportunités offertes dans ses diverses dispositions au service du développement équilibré des îles comoriennes et de la cohésion nationale ».
Les signataires du manifeste appellent ainsi à la restauration de la cour constitutionnelle, à faire jouir aux îles de leur pleine autonomie financière dévolue par l'article 11 de la constitution, application du principe de l'équilibre des îles et le contrôle effectif de l'assemblée sur l'action de l’Exécutif.
Pour rappel, le manifeste est signé par des figures surtout politiques du pays notamment, l'ancien vice-président sous le régime soilihiste Mohamed Hassanaly, l'ancien président de l'assemblée nationale Said Dhoifir Bounou et le bouillonnant ancien maire de Fomboni El-Amine Ali Mbaraka, ainsi que des anciens gouverneurs, députés et ministres.
Maoulida Mbaé
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