La cérémonie officielle du lancement des assises nationales a eu lieu hier, lundi après-midi, au stade de Moroni. Dans son allocution, en shikomori, le président de la République a déclaré être à l'initiative du principe de la présidence tournante aux Comores, comme pour répondre à ses détracteurs qui voient en ces assises, le moyen pour Azali de réviser la constitution et abroger la tournante pour s’éterniser au pouvoir.
Les assises nationales ont officiellement démarré hier lundi. Le gouvernement, avec la participation de quelques pays et organisations internationales, a lancé officiellement les assises nationales. Le président de la République a appelé tout le monde à se joindre à lui pour réfléchir sur l’avenir du pays, dans la sérénité. Azali Assoumani a lancé un appel aux hommes politiques et intellectuels du pays qui ne prennent pas part à ce dialogue, que la porte restera toujours ouverte.
« La main reste toujours tendue aux réticents. Nous sommes là pour l’avenir de notre pays. Ce n’est pas l’avenir de l’Anjouanais, du Mohelien, du Grand-Comorien ou du Mahorais mais c’est pour l’archipel tout entier », a déclaré Azali Assoumani hier, au stade de Moroni. En marge des travaux qui démarreront ce mardi et ce jusqu’au lundi 12 février, le chef de l’Etat reste convaincu qu’il en sortira des résultats meilleurs, malgré la réticence et le doute de certaines personnes. Confiant, le chef de l'Etat est persuadé que tout le monde bénéficiera de cette introspection commune, y compris les absents, quelle que soit leur motivation.
A la surprise de tous, le locataire de Beit Salam s’est exprimé sur la question de la tournante qui, depuis le début du lancement des assises, semble au coeur de tous les débats. « C’est moi qui ai mis en place la tournante et aujourd’hui, j’appelle tout le monde à venir en parler et échanger sur le sujet. Venez, qu’on en discute », dira-t-il. « Beaucoup de jeunes n’étaient pas nés lorsque j’ai mis en place la présidence tournante. Et pourtant, aujourd'hui, ils en profitent pleinement. Tout ça pour dire qu'il n'est pas nécessaire que tout le monde y participe, le plus important est que le fruit de ces assises profitera à tous".
Pour Azali, la tenue et la réussite des assises renforceront l’unité nationale, la paix, la sécurité et la stabilité dans le pays. Le chef de l'Etat renouvellera encore une fois sa gratitude à la communauté internationale pour sa présence constante. Il ne manquera cependant pas de dénoncer les limites de cette même communauté internationale. « Ils n’ont pas vocation à se substituer à nous, ni à régler nos problèmes internes, ni à décider à notre place », précise-t-il.
Qualifiant cette journée d’historique, la représentante du président de l’Union Africaine, Hawa Ahmed, appelle à des assises nationales à caractère inclusif et d’échange pour l’avenir du pays. Elle encourage tout le monde à prendre part à ce dialogue national afin de tracer les Comores de demain. « Ces assises doivent refléter les Comores que vous voulez et que l’UA désire voire demain. Elle doit n’avoir qu’une fin : consolidation de la paix et la stabilité dans le pays », avance-t-elle.
Dans son intervention, elle a appelé à l’implication des jeunes dans ces assises mais aussi l’intégration de la femme dans la prise des décisions. Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU auprès de l’UA qualifiera ces assises d’une des consultations nationales offrant une plate-forme aux citoyens de l'Union des Comores pour réfléchir sur les opportunités et les défis politiques, socio-économiques, juridiques et institutionnels existants, en prenant des mesures décisives pour renforcer la cohésion nationale et le développement économique. « Le potentiel des Assises Nationales sera renforcé à travers un processus inclusif, participatif, transparent et consensuel. Cela nécessite un large consensus sur tous les aspects, y compris le programme et la représentativité aux Assises Nationales », souligne-t-il.
Le président des assises nationales, se félicitera lui de la tenue de ses assises. « Nous sommes arrivés contre vents et marées à organiser ces assises. Note but est de réparer nos erreurs et sauver la dignité du peuple comorien », lance Salim Djabir. Le moment est donc venu, dira-t-il, d’écrire une nouvelle page pour les Comores. "Une voie vers le développement socio-économique, politique, culturelle et juridique".
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