Le rapport final des assises nationales a été remis au président de la République, la semaine dernière. Plus tard, Azali Assoumani signera le décret sommant la dissolution du Comité de Pilotage des Assises Nationales. Des faits qui pousseront Sounhadj Attoumane, aujourd'hui ancien vice-président du Cpan, à sortir de son silence. Ce dernier réclame en effet un audit du Cpan, déplorant des "incohérences" sur la gestion financière.
Sounhadj Attoumane sort de son mutisme. L'ancien vice-président du Cpan s'est exprimé sur le déroulement des assises nationales, qui ont pris fin le 12 février dernier. Grand absent des médias durant le processus, il expliquera son silence en citant la lourde tâche qu’il exerçait au sein du Cpan: « Pendant trois mois, je me suis tenu à l’écart des médias. Si aujourd’hui je m’exprime, c’est parce que le travail est fini et on a atteint les objectifs visés », a-t-il confié.
Dans son intervention, le conseiller du président de la République est revenu sur l’organisation des assises sur le bilan des 42 d'indépendance du pays, la "forte mobilisation" de la population et le travail effectué par les experts nationaux.
Concernant la gestion financière du Comité en charge des assises, M. Attoumane se montre moins conciliant: « Sur la gestion financière au sein du Cpan, je peux dire qu’il y a eu des incohérences. Il manquait certaines pièces justificatives. Et je ne sais pas si c’est à cause du temps qui était un peu court mais les faits se sont déroulés, poursuit-il. La situation était compliqué; il y a eu un nouveau comptable nommé par le ministre des finances », a-t-il déclaré.
Pour lui, si le président a appelé à effectuer des audits pour identifier les "voleurs de la République", ils doivent commencer par le Cpan. « Un audit au Cpan est nécessaire pour faire la lumière sur sa gestion financière. Et je suis le premier à le réclamer car on doit être les premiers à montrer l'exemple », ajoute-t-il. On parle de plus de 500 millions de francs qui ont servi pour les assises nationales.
Pour ce qui est des recommandations faites à l'issue des assises, Sounhadj reste convaincu que le président de la République devrait saisir l’opportunité pour renouveler son mandat: « La tournante reste et c’est une bonne chose. Mais on doit le réaménager, d’où la suppression des postes des vice-présidents », lance-t-il. Interrogé sur l'absence de l'opposition aux travaux des assises, le conseiller du président de la République a dit regretter leur choix.
« Le parti Juwa a été le premier à réviser la Constitution de 2001. Il l’a trafiqué pour qu’elle serve ses intérêts. Pourquoi ils ne veulent pas s’asseoir pour discuter aujourd'hui ?», s’interroge-t-il. Hier c’était eux, et aujourd’hui, ils sont dans l’opposition...». Tout récemment, le président de la République a procédé à la dissolution du Comité de pilotage des assises nationales. Azali projette désormais de passer à la phase application des recommandations des experts, à travers la pédagogie et la sensibilisation de la population.
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
