La Gazette

des Comores

Assises nationales / Les trois gouverneurs s’insurgent

Assises nationales / Les trois gouverneurs s’insurgent © : HZK-LGDC

Les trois gouverneurs des îles font front commun contre la remise en cause de la présidence tournante et l’autonomie des îles. Hassani Hamadi, Said Mohamed Fazul et Salami Abdou Salami, dans un mémorandum daté d'hier 5 février 2018, attirent l’attention du chef de l’Etat et de la communauté internationale à cet effet.


Les trois vice-présidents, dont le mandat est menacé au même titre que le président de la République, pourraient monter au créneau également si le scénario redouté par les gouvernorats des iles s'avère réel.

 

Pour la première fois depuis le début du processus des assises nationales, les gouverneurs des îles prennent une décision commune ; celle de se manifester contre la remise en cause de la présidence tournante dans son format actuel et l’autonomie des îles, par le document de référence des assises nationales. Les chefs des Exécutifs insulaires ont signé lundi 5 février 2018, un mémorandum de deux pages portant leurs inquiétudes quant aux démarches entreprises par les experts des assises nationales, en vue d’une révision constitutionnelle.

 

Les chefs des Exécutifs insulaires préviennent que dans cette démarche, « tout débat susceptible de mettre en cause les principes et le fondement de la présidence tournante et l’autonomie des îles porterait atteinte à la lettre et à l’esprit de la constitution et s’avérerait réactionnaire et dangereux ».

 
En outre, le document de référence des assises nationales est hostile quant au maintien de la présidence tournante : « Ce principe exonère le Président de la République de toute responsabilité politique puisqu'il est élu pour un mandat au terme duquel il ne peut pas se représenter devant le peuple comorien afin qu'il juge son action gouvernementale », peut-on lire parmi tant d’autres « inconvénients » soulevés lors des travaux thématiques du 20 au 23 janvier dernier.

 
Contrairement à ce qu’estiment les gouverneurs, le même document stipule que « plus rien n’interdit les comoriens, si le besoin se fait sentir, de corriger le principe de la présidence tournante. D’après l’article 42 de la constitution, c’est seulement l’unité nationale, l’intangibilité des frontières et l’autonomie des îles qui ne peuvent faire l’objet d’une révision constitutionnelle ».


La tension entre les gouverneurs des îles autonomes et le chef de l’Etat risque de s’amplifier davantage. Samedi soir, les trois élus s’étaient réunis à Mrodjou, le siège du gouverneur de Ngazidja, pour discuter de leur cas. Selon des sources concordantes, le gouverneur de Mwali a été désigné pour aller signifier au président de la République, le lendemain, qu’ils n’étaient pas d’avis quant à l’hypothèse d’écourter leur mandat électif de 5 à 4 ans.

 
Une situation qui pourrait être assimilée à « un coup d’Etat institutionnel » tel que rapporté dans le mémorandum dont une copie est destinée à la présidence de la République. Le violent éclaboussement de la situation pourrait venir des vice-présidents lesquels voient leur mandat menacé-au même titre que le président de la République-élus sur le même ticket. En effet, le fameux document de référence démontre, sans ambages, que le fait qu’ils soient chargés d’un département ministériel « contrairement à d’autres Etats modernes dont la fonction de vice-présidence reste le plus souvent une fonction honorifique sans portefeuille », « ceci peut être à l’origine de tensions entre le président et ses vice-présidents » car ces derniers, « dopés de leurs pouvoirs et de leur légitimité électorale peuvent chercher à faire de l’ombre au président». 


 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.