La Gazette

des Comores

Assises nationales / Les mises en garde se multiplient

Assises nationales / Les mises en garde se multiplient © : HZK-LGDC

A la veille de la cérémonie de clôture des assises nationales, l'île de Mohéli est revenue à la charge en mettant en garde le pouvoir central sur l’autonomie des îles et la présidence tournante. Entre-temps, Anjouan refuse tout simplement les conclusions qui émanent des assises. « Ces conclusions unilatérales n’engagent que leurs promoteurs », prévient l’Exécutif de l’île.


Le processus des assises nationales s’est terminé cahin-caha. On aura assisté à toutes les objections. D’abord, ce mémorandum des trois îles signé par les gouverneurs. « Tout débat susceptible de mettre en cause les principes et le fondement de la présidence tournante et l’autonomie des îles porterait atteinte à la lettre et à l’esprit de la constitution et s’avérerait réactionnaire et dangereux », ont écrit les chefs des Exécutifs des îles dans ce mémorandum dont copie a été remise à l’émissaire des Nations Unies à Moroni, le mardi 6 février.

 
A la veille de la cérémonie de clôture des assises nationales, les élus de Mohéli -qui ont pris part aux assises- ont dit avoir « constaté avec consternations, la mise en cause grave des acquis politiques et démocratiques de nos populations avec la fustigation injustifiée des structures des îles autonomes, comme inutiles et budgétivore selon les conclusions des experts», ont-il fait savoir dans un communiqué. « Force est de constater un accablement partisan des experts, un manque d’objectivité et la complaisance avec laquelle ce diagnostic a été réalisé et orienté à l’encontre des îles et de toutes les prérogatives qui leur sont dévolues par la Constitution dans le cadre du nouvel ensemble comorien (accords de Fomboni, Ndlr) », poursuit le communiqué.

 
Selon le document définitif des assises, il est recommandé de « redéfinir de façon claire et soutenue l’autonomie accordée aux Iles en tenant compte du coût financier de l’autonomie des îles ». Mais également, « réduire et/ou supprimer la superposition des institutions pléthoriques et budgétivores ».

 
Si les gouverneurs seront maintenus en tant qu’élus, les commissariats des îles devront être supprimés dans la prochaine réforme constitutionnelle si on s’en tient aux conclusions des assises. Il faut noter que lorsque Mohéli a fait le choix de prendre part aux assises parce que « le combat se mène de l’intérieur et non de l’extérieur », Anjouan, elle, a choisi de ne pas montrer son nez dans « la mascarade de la CRC » et, de facto, refuse d’accepter une quelconque conclusion émanant de celles-ci. Dans son dernier communiqué en date de 9 février, l’Exécutif d’Anjouan « attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le caractère partisan et sur l’illégitimité des Assises qui viennent d’avoir lieu et rejette les conclusions qui en sont issues. Ces conclusions unilatérales n’engagent que leurs promoteurs». Le communiqué ne manquer pas de citer « la suppression sournoise du principe de la Présidence tournante entre les îles et l’anéantissement de l’autonomie des îles pour mettre en place un régime présidentiel quasi monarchique ».


Les conclusions des assises recommandent en effet la suppression de la primaire au niveau insulaire pour la remplacer par une élection générale à deux tours sur l’ensemble du territoire « pour renforcer le rôle des partis politiques ». Le mandat présidentiel est renouvelable une seule fois, soit 10 ans de règne pour chaque île dans le cadre de la présidence tournante. 


 


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