L'écart se creuse davantage et les divergences de plus en plus profondes entre pro et anti assises. Si l'opposition voit dans la cérémonie d'avant hier, une consécration à des assises gouvernementales qui n'auront rien de nationales, dans les rangs du soutien l'on considère l’événement comme étant un succès historique augurant des perspectives meilleurs.
Entre pro et anti assises nationales, l'heure n'est pas au dégel. Dans l'opposition on considère les assises, dont les plénières ont réellement débuté hier mardi, comme une « mascarade » qu’on ne peut en aucun cas cautionner. Ceux qui apportent leur soutien à cette initiative du mouvement du 11 août voient le contraire. C'est le cas du secrétaire général du parti Radhi Houmed Msaidié qui qualifie d'historique la cérémonie d'avant hier visant au lancement de la deuxième étape des assises nationales.
« Ce qu'on a vu, c'est historique. Un président en exercice qui n'a même pas entamé la moitié de son mandat accepte de réunir les comoriens des différentes catégories pour parler du passé et se projeter dans l'avenir », a-t-il fait observer. « Bien sûr, il y a ceux qui adhèrent, c'est la majeure partie des catégories sociales du pays. Et il y a ceux qui n'adhèrent pas, mais comme l'a dit le président lui-même, le résultat s'il est bon bénéficiera à tous les comoriens », a-t-il poursuivi, convaincu que les résultats seront à la mesure des attentes du peuple pour la simple raison que l'expertise était à cent pour cent locale.
« La cérémonie d'hier consacre des assises, je dirai, gouvernementales. Elles sont dénommées assises nationales, mais elles n'ont rien de nationales. Ne serait-ce qu’en raison de l'absence de toute une île, en l’occurrence de l'île d'Anjouan », rétorque Youssouf Boina secrétaire général de l'Updc. D'après-lui, en plus de ce manque d’envergure nationale, les assises accusent, dit-il, aussi un déficit de légitimité puisque les grandes formations politiques en l’occurrence, l'Updc, Juwa, le Rdc ne sont pas formellement présentes.
« Là, démocratiquement parlant, ces assises jouissent d'une certaine illégitimité démocratique. Elles sont impopulaires (…) Elles sont inefficaces, ça se révélait dans le choix des thématiques et qui ressembleraient juste à un programme de cours de master de droit public qui n'ont rien à avoir avec les réalités comoriennes », a-t-il assuré.
« On n’a rien vu de ce qui correspondrait à un petit diagnostic des 42 ans d'indépendance. Mais on a fait semblant de faire une analyse et on s'est projeté dans l'avenir d'une manière superficielle et sans orientation », a-t-il ajouté, rejetant à nouveau le format des assises dont le caractère citoyen et représentatif n'a pas été respecté. A l'en croire, la représentation ne correspondait pas à la configuration politique nationale.
Des arguments balayés d'un revers de la main par Houmed Msaidié qui s'étonne de la remise en cause des travaux des experts nationaux qui seront d'après-lui, avérés dans tous les domaines. « C'est bizarre parce que j'en ai vu beaucoup d'entre eux qui faisaient partie des comités de campagne des anciens candidats aux présidentielles y compris de mes amis qui sont dans les rangs de l'opposition », fait-il observer.
Et de continuer : « moi, je n'ai pas des a priori sur nos experts. Je ne crois pas que quelqu'un leur a demandé quoi que ce soit (…) il serait malhonnête qu'après les avoir utilisés hier et avant hier dans la formulation de nos programmes politiques, l’on jette l’opprobre sur eux. Non ils ont fait un bon travail. Maintenant, il appartient aux politiques de transformer le travail qui a été fait par les politiques à la société civile. C'est ce qui est entrain de se faire au cours de ces jours d'assises ».
Pour cet ancien ministre de l'intérieur, les assises sont bel et bien inclusives à partir du moment où tous les partis sont d'une manière ou d'une autre représentés.
« Maintenant, c'est dommage. Je ne sais pas au jour d'aujourd'hui qui est grand parti qui ne l'est pas. Je sais qu'il y a six partis reconnus. Et ces six partis ont participé à la préparation des assises. Jusqu'à ce que les membres qu'ils ont désigné soit nommés dans le décret présidentiel », a-t-il avancé.
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